La construction de PC par les particuliers traverse une crise sévère.
Selon un rapport publié par Digitimes, ASUS, Gigabyte, MSI et ASRock enregistrent tous un recul massif de leurs expéditions de cartes mères en 2026. ASUS, leader du segment, a écoulé 5 millions d’unités depuis le début de l’année et devrait terminer bien en dessous des 15 millions atteints en 2025. Gigabyte et MSI, qui avaient chacun dépassé les 11 millions de pièces l’an dernier, anticipent une contraction d’environ un quart de leurs volumes.
La mémoire et les puces absorbées par les datacenters
Le mécanisme est désormais bien documenté. Les infrastructures d’IA engloutissent des quantités colossales de GPU, lesquels exigent de la mémoire HBM (High Bandwidth Memory) en volumes considérables. Pour répondre à cette demande, les fondeurs de mémoire ont réorienté leurs lignes de fabrication vers la HBM, au détriment de la DDR5 conventionnelle.
Les tarifs de la mémoire vive grand public ont flambé, entraînant dans leur sillage ceux des SSD et même des disques durs mécaniques. L’effet domino atteint aujourd’hui les cartes mères : quand le prix global d’une configuration grimpe de plusieurs centaines d’euros, les acheteurs reportent leurs projets d’assemblage.
ASRock, victime collatérale la plus exposée
Le taïwanais ASRock subit le choc le plus brutal : ses projections tombent à 2,7 millions d’unités pour 2026, contre 4,3 millions en 2025, soit une chute de 37 %. Le constructeur, historiquement positionné sur le segment abordable, pâtit doublement. Sa clientèle, la plus sensible aux hausses tarifaires, est aussi la première à renoncer. S’y ajoute une controverse technique autour de ses cartes mères, soupçonnées d’endommager les processeurs AMD X3D plus fréquemment que la concurrence.
Ironie de la situation : ces mêmes fabricants compensent partiellement l’hémorragie grâce aux ventes de cartes mères serveur destinées aux datacenters d’IA. L’industrie qui assèche leur marché historique devient leur bouée de secours.