Trente ans, deux diplômes : boucherie et carrosserie. Et deux mains en or : Wallid Jaber c’est un ovni dans le petit monde de la moto, où les chasseurs de marges sortis d’écoles de commerce ont remplacé peu à peu les passionnés de mécanique qui savaient ouvrir les entrailles d’une moto et la remonter comme un Lego.
Il a eu mille vies Wallid, né à Paris dans un foyer de cinq enfants, entre la Goutte d’or et la porte de la Chapelle. Mère franco-allemande, père tunisien, le petit Wallid se retrouve dans la boucherie, parce qu’au rez-de-chaussée de l’immeuble familial, des forts des Halles, carrés comme des armoires lorraines, bougent des carcasses de 50 kilos comme des fétus de paille. « Cela ne me déplaisait pas…