Par
Lisa Rodrigues
Publié le
12 mai 2026 à 16h04
Depuis plusieurs jours, l’hantavirus est sur toutes les lèvres. Un foyer de cette maladie, principalement transmise à l’Homme par des rongeurs, s’est déclaré sur le bateau de croisière MV Hondius. Trois personnes en sont mortes et plusieurs autres passagers ont été contrôlés positifs à l’hantavirus, dont une Française hospitalisée à Paris. Lundi 11 mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist faisait état de 22 cas contacts en France. Mardi 12 mai, un nouveau cas contact, un homme, s’est fait connaître avant d’être transféré au CHU de Rennes.
L’hantavirus n’est pourtant pas une maladie nouvelle : des cas ont été signalés ces dernières années en France, et même en Isère.
Une dizaine de cas isérois
Ainsi, selon les données de Santé Publique France, depuis 2005, neuf cas d’hantavirus ont été remontés aux autorités sanitaires en Isère, le dernier datant de 2024.
Contactée pour connaître les modalités de prise en charge de ces patients (et celles potentiellement mises en place si un cas se déclarait dans la région), l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes renvoie actu Grenoble vers les services du ministère de la Santé, qui n’ont pas encore répondu à nos sollicitations.
D’après les recherches de la rédaction, la quasi-totalité des patients détectés ces dernières années en Isère ont été testés positifs au virus de Puumala, un hantavirus bien moins virulent que la souche des Andes dont souffrent les malades du MV Hondius.
L’un de ces patients – contaminé en 2014 et habitant la petite commune de Le Moutaret à la limite de la Savoie – a fait l’objet d’un article scientifique. Il aurait été contaminé après des travaux en milieu rural et exposé à une souche initialement détectée dans le Jura.
Les gestes de prévention contre l’hantavirus
En France, le virus Puumala est l’hantavirus le plus courant. Pour limiter son exposition à cette maladie, il est notamment recommandé :
• D’éviter les expositions aux rongeurs et à leurs déjections,
• De mettre un pansement étanche sur les plaies et de porter un masque FFP2 en cas de manipulation de bois ou de travail en forêt,
• D’aérer et d’asperger d’eau des locaux longtemps fermés et susceptibles d’avoir abrité des rongeurs avant de les nettoyer (en portant un masque FFP2),
• D’éliminer les abris utilisables par les rongeurs.
L’Isère comme département endémique de la maladie en France
Depuis environ une dizaine d’années, l’Isère est donc considérée par le Centre national de référence des hantavirus (dépendant de l’Institut Pasteur) comme un département dit endémique du Puumala en France. La majorité des territoires du Nord-Est est aussi concernée.
Entre janvier et mars 2026, 19 patients français ont été testés positifs à l’hantavirus, dont 4 ont été exposés au Luxembourg ou en Belgique. Aucun n’a été détecté en Auvergne-Rhône-Alpes.
Concernant le foyer actuel d’hantavirus du MV Hondius, les autorités n’ont pas, pour le moment, fait état d’un patient ou d’un cas contact originaire de l’Isère ou de la région.
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