
Pour continuer de s’adapter aux changements climatiques mais aussi pour répondre aux conséquences du conflit en Iran (inflation, hausse du prix des hydrocarbures, voire ruptures d’approvisionnement avec la fermeture du détroit d’Ormuz), la Région Ile-de-France a élaboré un Plan Énergie 2026-2028. Un plan d’action de 850 millions d’euros qui va se traduire par la mise en place de nouvelles mesures visant à « protéger les Franciliens et renforcer la résilience du territoire face aux chocs énergétiques » présents et futurs. « Avec ce plan 2026-2028, nous franchissons un nouveau cap pour la décarbonation du territoire », estime ainsi Valérie Pécresse, la présidente (LR) du Conseil régional.
Produire de l’énergie locale décarbonée
Pour réduire la dépendance du territoire aux énergies fossiles, la Région va prolonger ses aides en faveur de la production d’énergie locale décarbonée. Géothermie, récupération de chaleur fatale des datacenters, extension des réseaux de chaleur urbains… « L’Ile-de-France est un gisement majeur de chaleur renouvelable et de récupération qui représente un potentiel supplémentaire de près de 14 TWh », soutient le Conseil régional qui va également rouvrir ses aides à la méthanisation avec l’objectif notamment de faire rouler 5 000 bus du parc d’Ile-de-France Mobilités au biogaz d’ici à la fin de l’année 2027.
Un « Contrat Énergie » pour les communes
Si la production locale d’énergie constitue un levier d’action, la sobriété énergétique en est un autre. La Région plaide ainsi pour des économies et une réduction des consommations d’énergie dans les bâtiments publics, les équipements sportifs, les lycées, et les copropriétés dégradées. Pour ce faire, elle crée un « Contrat Énergie » : un dispositif « inédit » dédié aux communes pour leur permettre d’engager la rénovation de leurs bâtiments publics et équipements sportifs, la modernisation de leur éclairage public communal, ou encore soutenir la mise en place d’installations solaires thermiques, de géothermie, de récupération de chaleur… Ce dispositif s’appuiera sur une enveloppe de 70 millions d’euros sur trois ans. Et chaque contrat pourra concrètement bénéficier d’un soutien pouvant aller jusqu’à un million d’euros.
Rénovation thermique des copropriétés dégradées
Pour la Région, ces économies d’énergie doivent également s’appliquer au logement. La collectivité a ainsi fait de la rénovation thermique des copropriétés dégradées « une priorité ». Si près de 14 500 logements de 68 copropriétés ont déjà été rénovés, la Région veut « aller plus loin », en engageant 30 millions d’euros sur trois ans, « avec une promesse de plus de 50 % de gain énergétique moyen après travaux » pour les copropriétés dégradées qui en bénéficieront.
Enfin, le Plan Énergie 2026-2028 de la Région prévoit une poursuite des efforts de réduction de la consommation énergétique dans ses propres équipements et notamment dans les lycées, où l’objectif est de diviser cette consommation par deux d’ici à 2030. À ce jour, 41 lycées ont déjà bénéficié d’une rénovation énergétique, « soit l’équivalent d’une baisse de consommation annuelle d’une ville de 50 000 habitants », compare la Région.
Le levier de la mobilité et des transports
La poursuite de la « révolution des transports » fait également partie du Plan Énergie 2026-2028 de la Région, avec la décarbonation de la flotte de bus d’Ile-de-France Mobilités pour atteindre un objectif de 90 % de bus propres (biométhane, électrique, biocarburants) d’ici la fin de cette année, et à travers la modernisation et l’électrification du matériel ferroviaire. En parallèle, la Région investit également pour décarboner le fret et la logistique fluviale.
Transformer les filières économiques et les procédés industriels
La quatrième et dernière grande priorité du Plan Énergie 2026-2028 de la Région cible les filières économiques et les procédés industriels. « D’ici 2028, 25 millions d’euros d’aides et de programmes d’accompagnement soutiendront l’évolution de la production des entreprises » et « 15 millions d’euros seront consacrés à la décarbonation des filières les plus émettrices », annonce le Conseil régional qui prévoit également d’engager 20 millions d’euros pour accélérer le développement de pépites cleantech et greentech « qui transforment l’innovation en solutions concrètes pour la transition écologique ».
[auto_promo_mpl_cutom url= »https://mapresselocale.fr/titres/l-echo-d-ile-de-france »]