Après des années de reports et plusieurs défaillances techniques, Moscou affirme ce mardi 12 mai 2026 avoir franchi une étape décisive dans le programme Sarmat, présenté comme le missile nucléaire le plus puissant du monde.
Après au moins deux échecs documentés en 2024 et 2025 — dont la destruction d’un silo à Plesetsk —, Vladimir Poutine affirme ce 12 mai 2026 que le missile balistique intercontinental RS-28 Sarmat a passé avec succès ses derniers essais en vol. Le président russe promet son entrée en service opérationnel avant la fin de l’année.
Un missile présenté comme sans équivalent
Le commandant des Forces de missiles stratégiques russes (RVSN), le général Sergueï Karakayev, a rendu compte à Vladimir Poutine des résultats positifs des derniers essais en vol du RS-28 Sarmat, selon l’agence officielle TASS. Poutine a déclaré à cette occasion que la puissance totale du Sarmat « dépasse de plus de quatre fois celle de n’importe quel équivalent occidental », qualifiant ce système d’ »arme la plus puissante au monde ».
Le RS-28 Sarmat, surnommé « Satan 2 » dans les nomenclatures occidentales, est un missile balistique intercontinental (ICBM) à trois étages, propulsé par carburant liquide, d’une portée déclarée d’environ 18 000 kilomètres. Conçu pour remplacer les anciens ICBM soviétiques R-36M, il doit être déployé en priorité à la base d’Oujour, dans la région de Krasnoïarsk. Il serait capable de pénétrer tous les systèmes de défense antimissile existants et futurs, selon Moscou.
Un programme alourdi d’échecs répétés
La promesse de déploiement « avant la fin 2026 » s’inscrit dans la continuité d’une stratégie de dissuasion par l’annonce que Moscou pratique depuis 2018. Poutine avait déjà promis une mise en service « dans les plus brefs délais » en 2022 et en 2023. En septembre 2024, un essai s’était soldé par la destruction complète d’un silo à Plesetsk, révélant des problèmes techniques non résolus.
En octobre 2025, Poutine avait lui-même admis que le Sarmat « n’est pas encore déployé, mais le sera bientôt ». Un tir avait encore échoué le 28 novembre 2025. Dans une note publiée en décembre 2025, la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) notait que l’abandon du programme restait « peu crédible » compte tenu de son poids symbolique pour le Kremlin.
Poseidon et Boureviestnik aussi en jeu
Lors de la même prise de parole, Poutine a également évoqué deux autres systèmes stratégiques. Il a déclaré que la torpille nucléaire autonome Poseidon et le missile de croisière à propulsion nucléaire Boureviestnik « se trouvaient en phase finale de développement ». Ces deux armements, présentés pour la première fois en 2018, font partie du programme russe de modernisation de sa triade nucléaire. La marine russe aurait annoncé son intention d’acquérir au moins 30 exemplaires du Poseidon, embarqués à bord de quatre sous-marins.