- Le conducteur, qui a mortellement renversé en 2024 le cycliste Paul Varry, 27 ans, à Paris sera jugé pour « meurtre ».
- Ariel M., 53 ans aujourd’hui, s’était disputé avec la victime avant de la percuter.
- La juge a estimé que l’automobiliste avait roulé « volontairement » sur le jeune homme.
C’est une affaire qui avait suscité beaucoup d’émotion, particulièrement chez ceux et celles qui pratiquent le vélo. Un peu plus d’un an et demi après la mort à Paris de Paul Varry, 27 ans, plusieurs sources proches du dossier ont fait savoir ce mardi 12 mai que le conducteur de SUV, qui avait mortellement percuté le jeune cycliste le 15 octobre 2024 sur le boulevard Malesherbes, allait être jugé pour « meurtre » devant la cour d’assises de Paris.
Ce jour-là, Ariel M. conduisait selon lui sa fille à un rendez-vous médical « urgent » chez l’ophtalmologue. En retard, il avait décidé de remonter la voie cyclable pour aller plus vite. C’est là qu’il avait écrasé le pied du jeune homme sur son vélo. Mécontent, Paul Varry avait donné un coup sur le capot de la Mercedes, avant que son conducteur ne perde ses nerfs. Ariel M. avait en effet reculé, tourné les roues de sa voiture, avant de renverser Paul Varry dont le pied était toujours coincé sous le SUV. Le cycliste en colère avait alors porté de nouveaux coups, selon des témoins, sur la carrosserie du SUV avant de parvenir à se dégager et de se poster devant. C’est là qu’Ariel M. l’avait renversé et lui avait roulé dessus avec ses roues arrière et avant gauche, engendrant son décès.
Le caractère intentionel retenu par la juge
Alors qu’Ariel M., père de famille et technico-commercial de profession, a toujours contesté l’intention de donner la mort, la juge a estimé que l’action qu’il a menée ce jour-là par cet homme, à bord d’un SUV de 2,3 tonnes, était bel et bien voulue. « Ariel M. a donné volontairement la mort à Paul Varry, en l’espèce en le percutant volontairement avec son véhicule, en lui roulant volontairement sur le corps et en l’écrasant à l’aide de son véhicule », a-t-elle écrit dans un document que TF1info a pu consulter.
Au moment des faits, Ariel M, titulaire du permis de conduire depuis 1992, avait un solde de 8 points. Au cours des quinze dernières années, il avait fait l’objet de « quinze contraventions pour des excès de vitesse, des franchissements de ligne continue, des contresens et non-respect de feu rouge », selon le document consulté par TF1info. Il avait également fait l’objet de deux suspensions de son permis de conduire en 1997 et 2008″.
Réactions de toutes parts
« Notre client n’a jamais eu l’intention de donner la mort. Nous allons bien évidemment faire appel de cette décision », ont déclaré ce mardi à l’AFP les avocats de l’accusé, Mes Caroline Toby, Steeve Ruben et Fabien Arakelian. Joint par TF1info ce mardi soir, ce dernier n’a pas réagi.
« Cette qualification de meurtre est une étape essentielle vers la vérité judiciaire. Elle honore la mémoire de Paul Varry et le combat de ses proches », a réagi de son côté Me Yassine Bouzrou, qui défend les proches de la victime, joint par TF1info.
« Nous sommes satisfaits qu’au vu des faits, la justice ait décidé de retenir la qualification de meurtre. Cela nous semble logique », a assuré mardi auprès de l’AFP Marion Soulet, porte-parole de l’association Paris en selle dont Paul Varry était membre. « Cette affaire est devenue un symbole des violences routières et au-delà du cas de Paul, nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent la mesure de ces violences motorisées et traitent avec la même sévérité les nombreux cas d’agressions, évidemment moins tragiques, qui nous sont régulièrement remontés par les cyclistes. Ils ont un sentiment d’impunité », a-t-elle poursuivi.
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En juillet 2025, la ville de Paris a inauguré dans le centre de la capitale une piste cyclable portant le nom de Paul Varry.
Placé en détention provisoire à l’issue de sa garde à vue en 2024, Ariel M. a été brièvement libéré en avril, avant que la justice ne le renvoie en prison. Il devrait comparaître détenu au cours de son procès dont les dates ne sont pas connues pour l’heure.
Aurélie SARROT
