Panasonic n’avait plus mis à jour son haut de gamme compact expert depuis le LX100 II en 2018. Entre un Ricoh GRIV et un Fujifilm X100 VI, il y avait encore un peu de place pour un compact expert de plus, surtout s’il embarque un zoom. Et c’est ce 12 mai 2026, soit pile 25 ans depuis la création de la branche Lumix, 10 ans depuis la sortie du LX100 premier du nom et 8 ans depuis le LX100 mark II (histoire de parfaire la chronologie) qu’est dévoilé le L10 (oui les temps changes, les références aussi) le renouveau du compact expert de la marque d’Osaka. Enfin renouveau, pas tout à fait. Beaucoup d’éléments sont connus et tant mieux.
Panasonic L10 (à gauche) VS Panasonic S9 (à droite)
Bien que très ressemblant au LX100, le Panasonic L10 arbore un nouveau boîtier de 508 g (avec carte et batterie) habillé d’une finition texturée façon cuir Saffiano, d’une face avant en alliage de magnésium anodisé et d’un fût d’objectif métallique. Le viseur électronique (désormais OLED mais dont la résolution chute de 2,76 à 2,36 millions de points) est toujours logé sur la gauche et offre un grossissement x0,74. Pour le reste, les ressemblances sont nombreuses et le L10 va piocher ses composants et technologie un peu partout chez ses cousins.
De la personnalisation un peu partout
L’appareil regorge de commandes, dont une bonne partie est personnalisable : sélection du format, réglage de l’ouverture et de la focale, sélecteur de mode photo/vidéo/slow motion, LUT, mais pas de petit joystick. Il faudra faire le point avec l’écran tactile.
Le repose pouce et le grip sont vendus en option par smallrig.
Seule la mention « Lumix L10 » cachée par la paume lorsqu’on tient l’appareil est visible sur la version Titanium. Il n’y a rien d’autre d’inscrit en façade.
La molette de réglage des modes et celle permettant de régler la vitesse ou l’exposition par défaut.
Ce n’était pas possible de l’y intégrer d’après les ingénieurs de Panasonic. On se consolera avec la croix directionnelle paramétrable de cette façon (mais pas nativement).
La bague de format désormais numérotée est personnalisable.
Sur les 4 bagues présentes sur l’objectif, une est personnalisable :
- Format de prise de vue (personnalisable pour être remplacé par des LUT par exemple)
- Ouverture
- Mise au point manuelle ou contrôle de la focale de zoom
- Mode de mise au point : dont la position AF Macro (non personnalisable)
Format 4/3, 26,5 MP, zoom Leica plusieurs formats sans perte de résolution
Comme pour les LX100, le L10 embarque un capteur CMOS BSI 4/3 désormais de 20,4 mégapixels effectifs (mais de 26,5 MP au total) emprunté au GH7, épaulé par le processeur d’image du S1II et alimenté par la batterie BLK22 (identiques à celles des S5 II, S9 ou encore S1 II).
Le surplus de pixels du capteur sert à la prise de vue multi-format sans recadrage. Le capteur étant plus large que le cercle d’image de l’objectif, l’angle de vue reste constant en 4:3, 3:2 et 16:9 et seul le 1:1 entraîne un crop sur les bords. Concrètement, on passe de 5408 × 3608 pixels en 3:2 à 5664 × 3192 en 16:9, sans perdre en couverture. Une astuce que Panasonic exploite depuis des décennies et qu’on retrouve désormais sur la caméra frontale de l’iPhone qui permet de shooter à la verticale et à l’horizontale.
Panasonic annonce une plage dynamique de 13 stops minimum, qui baisse à 12 stops en V-Log. Et un mode Boost Plage Dynamique pour récupérer du détail dans les ombres et hautes lumières.
L’objectif Leica Vario-Summilux équivalent à un 24-75 mm et ouvrant à f/1,7 au grand-angle et f/2,8 au télé (f/2,8 dès 53 mm), avec une mise au point macro à 3 cm (depuis le plan capteur) est identique au LX100 mark II. Il est toujours stabilisé à la différence du boitier qui lui, ne l’est pas.
Voici la distance de map mini, en macro à 24 mm. Elle s’étend selon que la focale augmente.
L’obturateur mécanique grimpe à 1/2000 s (c’est un peu juste). Mais en électronique, le L10 peut shooter jusqu’à 1/32 000 s.
La sensibilités ISO s’étend de 100-25600 (par incrémentation de 50). Le capteur de luminosité descend jusqu’à -18 IL en mesure, et l’AF jusqu’à -5 IL.
Le grip est aidé par un repose pouce bien dessiné, mais un grip supplémentaire n’est pas de trop.
AF à détection de phase et rafale 30 i/s
Le L10 hérite de l’autofocus hybride à détection de phase introduit avec le S5II : 779 points et 315 zones de détection de contraste avec technologie DFD. La reconnaissance par IA gère les yeux, visages, corps, animaux, véhicules (voiture, moto, train, avion), ainsi qu’un mode « sports urbains » pour les sujets dynamiques. De quoi passer de son chien à ses enfants sans avoir à changer de réglage.
Le viseur perd définition mais gagne en luminosité et contraste (merci l’OLED).
Côté cadence, l’obturateur électronique grimpe à 30 i/s avec AF-C, contre 11 i/s en mécanique. Trois modes de rafale haute vitesse pré-déclenchement (SH30 PRE, SH20, SH10) permettent de remonter dans le temps avant l’appui à fond sur le déclencheur. Le buffer encaisse 45 images en RAW+JPEG à 30 i/s, soit 1,5 seconde de rafale maximum.
Une partie vidéo enfin à la hauteur
Sous ses airs de boîtier de rue pour parents en mal de clichés des bambins, le L10 cache un module vidéo très complet. Le compact filme jusqu’en C4K 120p, en 5,6K open gate (5632 × 2976) à 60p, et propose le ALL-Intra 4:2:2 10 bits ainsi que le V-Log et le HLG. L’enregistrement audio peut grimper à 4 canaux 32 bits flottant via le module XLR DMW-XLR2 vendu séparément.
le stockage se fait sur carte SD qui possède un logement dédié, mais toujours sous l’appareil.
Pour les usages mobiles, Panasonic ajoute un format MP4 (Lite) en H.265, dimensionné pour le partage sur les réseaux sociaux et le transfert rapide vers smartphone via l’application Lumix Lab qui évolue dans sa version 3.0. La gestion thermique propose deux modes, avec des durées d’enregistrement données pour le C4K/120p autour de 5 à 6 minutes selon le réglage.
LUT temps réel et Magic LUT
C’est au S9 que le L10 vient emprunter le concept des LUT applicables à la volée. La fonction REAL TIME LUT, déjà déployée sur les hybrides Lumix récents, permet de charger jusqu’à deux LUT .cube ou .vlt directement dans le boîtier et de prévisualiser le rendu final pendant la prise de vue. Un bouton dédié assure l’accès immédiat aux réglages colorimétriques. Le net commence à en regorger.
Vous pouvoir choisir une LUT ou un style d’image.
L’appareil étrenne deux nouveaux styles photo inspirés de l’argentique, L.Classic (couleurs atténuées, tons doux) et L.ClassicGold (hautes lumières ambrées, contrastes nostalgiques), qui s’ajoutent à la panoplie habituelle (Cinelike A2/D2/V2, Like709, V-Log, L.Monochrome…) et le fameux Leica Monochrome.
Via l’application Lumix Lab, la fonction Magic LUT génère automatiquement une LUT à partir d’une image de référence grâce à une analyse colorimétrique par IA.
Prix, disponibilité et positionnement
Le Lumix L10 sera proposé à 1499 € en noir (DC-L10E-K) ou argent (DC-L10E-S) à partir de fin mai 2026, avec la garantie Lumix de 5 ans en bonus (de quoi rassurer quant à la robustesse de l’appareil). La version Titanium Gold qui s’accompagne d’une dragonne spécifique, d’une mention plus discrète et d’un bouchon automatique est vendue 1599 €.
Sur le papier, il vient occuper un segment quasi désert des compact expert à zoom haut de gamme. Les Fuji X100VI et Ricoh GR IV sont à focale fixe. Le Sony RX100 VII commence à dater sérieusement, et Canon ne propose rien sur ce plan. Quant aux Sony RX1RIII et Fuji GFX 100 RF, ils sont sur une autre planète budgétaire. Mais surtout, il apporte un appareil versatile et connecté, ce qui est ce que les tout fan d’Instagram et de photos du quotidien recherche. C’était malin il y a 10 ans. Ça semble l’être à nouveau aujourd’hui.
À voir si la sauce photographique prendra. Mais force est de constater que bons nombres des lacunes du LX100 II ont été réglées (à l’exception de la tropicalisation, dommage). Mais à un prix désormais plus élevé. L’ancêtre se situait pile sous la barre des 1000 euros. Le L10 l’a franchie allègrement.
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