Il avait deux vies. Côté pile, c’était un magistrat exemplaire, patron de la division des affaires criminelles et de la délinquance organisée (Dacrido), en charge notamment de la lutte contre les stupéfiants au parquet de Bobigny. Un service prestigieux, de surcroît en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus criminogènes de France. Un vice-procureur compétent, adoré par ses collègues et soutenu presque aveuglément par sa hiérarchie. Côté face, c’était un homme seul, souffrant du syndrome de l’imposteur, et qui le week-end se consumait dans des parties de chemsex.
Ce fonctionnaire, toujours en poste à Bobigny mais qui dirige désormais la division des affaires civiles, a comparu ce mardi matin devant ses pairs du conseil supérieur de la magistrature. Une audience disciplinaire qui devait se tenir à huis clos mais qui a finalement eu lieu portes ouvertes dans un souci de transparence de la justice.