Armé de son débit mitraillette et de calculs à base de gigawatts et de trillions de dollars, Arthur Mensch a livré sa vision d’une souveraineté numérique européenne à l’Assemblée nationale mardi 12 mai. Le directeur général et cofondateur de Mistral AI – sur lequel repose « beaucoup d’espoir », a rappelé la députée Renaissance Isabelle Rauch – était auditionné dans le cadre de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités des députés Philippe Latombe (Modem) et Cyrielle Chatelain (Ecologistes).
Au fil de son audition, Arthur Mensch a développé une lecture très macroéconomique de la souveraineté numérique. À ses yeux, l’Europe risque d’être reléguée à un rôle subalterne dans la chaîne de valeur de l’IA : produire l’électricité et accueillir les infrastructures pendant que la valeur économique remonte vers les acteurs américains contrôlant les modèles, le cloud et les applications. « La monopolisation de la ressource énergétique européenne s’accélère à une vitesse folle », alerte-t-il. La France et l’Europe possèdent un « surplus énergétique », mais qui ne doit pas servir majoritairement aux acteurs américains. « Il faut que les électrons soient convertis en token (l’unité de consommation des IA, qui équivaut à un bout de texte) », résume-t-il. Au risque d’aggraver notre déficit commercial.