Des renforts de gendarmerie mobile se sont positionnés ce mardi dans le quartier des Moulins. Une réaction de l’État qui, sur place, laisse sceptique.

Lundi, le sang a de nouveau coulé dans le quartier. Vers 15h20, un individu arrivé sur les lieux en trottinette électrique a rafalé un commerce alimentaire, « Le palais sucré », place des Amaryllis, situé à quelques mètres d’un point de deal.

Deux hommes de 38 et 57 ans, sans antécédents en lien avec des trafics de stupéfiants, y ont laissé la vie.

Au sol, sur la scène d’horreur, dix-neuf étuis de calibre 7,62×25 ont été retrouvés par les hommes et les femmes de l’identification criminelle.

Six autres personnes ont été blessées dans l’assaut. Elles étaient âgées de 23 à 48 ans, dont trois en urgence absolue.

Parmi les personnes blessées, trois d’entre elles présentaient des antécédents en lien avec des faits de trafic de stupéfiants. Le tireur, en fuite, est activement recherché.

Le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, tout en annonçant la création d’un poste de police municipale sur la place des Amaryllis, a renvoyé l’État à ses responsabilités. La sécurité est en effet une mission régalienne.

Des fleurs ont été déposées sur les lieux de la fusillade dans le quartier des Moulins à Nice.

« À chaque fois que ça bouge ici, ils arrivent et repartent »

« J’attends de l’État naturellement qu’il y ait un quoi qu’il en coûte sécuritaire », a lancé le patron de l’UDR. Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a pour sa part affirmé que, dès lundi, les « moyens extrêmement importants » ont été engagés, avec notamment la présence de la CRS 81.

Dans le quartier, personne ne croit à ces renforts. « C’est de l’affichage », balaie un habitant des Moulins. « À chaque fois que ça bouge ici, ils arrivent et repartent quelques semaines après. Une actualité chasse l’autre. »

La JIRS de Marseille s’est saisie ce mardi de l’enquête initialement ouverte la veille par le parquet de Nice, du chef d’assassinats en bande organisée et confiée au SIPJ 06.

La JIRS a étendu le champ de l’enquête, en y ajoutant les chefs de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en bande organisée, d’un crime ou de délit puni de dix ans d’emprisonnement, destruction par moyen dangereux pour les personnes en bande organisée et recel en bande organisée de vol ».