L’appétit grandissant des belligérants pour les attaques sur les chaînes de fabrication de drones tient selon le média américain à la technicité croissante des engins de repérage, devenus de véritables espions. Au cours des quatre dernières années de guerre, les deux camps ont ainsi accumulé une connaissance détaillée des cibles grâce à l’analyse des habitudes de vie, aux images satellites et aux sources humaines. Un système qui facilite l’identification des installations de production de drones, des infrastructures de soutien et des vulnérabilités clés.
L’Ukraine cible les usines russes…
Le 19 avril 2026, les forces ukrainiennes ont ainsi frappé l’usine Atlant Aero à Taganrog, dans l’oblast de Rostov, avec des missiles de croisière Neptune. Le site produisait notamment les drones Molniya ainsi que des composants du drone Orion. Des images satellites ont montré d’importants dégâts sur les bâtiments de production et les zones logistiques.
A Ukrainian missile strike targeted Atlant Aero LLC, a drone manufacturing facility in Taganrog, Rostov Oblast.
Atlant Aero specializes in the full cycle of design, production, and testing of unmanned aerial vehicles (UAVs). It is a key producer of Molniya-type FPV drones and… pic.twitter.com/yxmvSJvUls
— OSINTWarfare (@OSINTWarfare) April 19, 2026
Loin d’être isolée, cette attaque s’inscrit dans une campagne plus large de destruction. En avril, l’Ukraine a également ciblé le centre spécial BARS-Sarmat dans l’oblast occupé de Zaporijjia, impliqué dans le développement de drones et de technologies de guerre électronique. L’usine Progress, dans l’oblast de Tambov, qui produit des capteurs et composants électroniques pour les drones russes avancés, a elle aussi été visée à plusieurs reprises.
Autre cible stratégique : la zone économique spéciale d’Alabouga, au Tatarstan, où la Russie assemble les drones de type Shahed utilisés contre l’Ukraine. Plusieurs frappes ukrainiennes menées en avril et début mai 2026 auraient endommagé des zones d’assemblage et de production.
🇺🇦🇷🇺
La Russie a révélé l’ampleur de sa production de drones kamikazes Shahed.
L’usine est située dans la ville d’Ielabouga, au Tatarstan. pic.twitter.com/sjRYuUq1uS
— Antoine 🇫🇷 (@thetoitoi) July 20, 2025
… La Russie vise les drones longue portée ukrainiens
Et la Russie riposte. Le ministère russe de la Défense a ainsi affirmé avoir conduit six frappes longue portée entre le 25 avril et le 1er mai contre des installations liées à « l’assemblage, au stockage et au lancement » de drones d’attaque ukrainiens.
Les installations associées aux drones longue portée Liutyi figurent parmi les principales cibles russes. Ces appareils ont été utilisés contre des infrastructures pétrolières russes et des sites militaro-industriels. Des ateliers impliqués dans l’assemblage de drones FPV utilisés sur la ligne de front auraient également été visés. La Russie frappe aussi des zones industrielles de Kharkiv et de Dnipro associées à l’industrie de défense ukrainienne, notamment des sites liés aux systèmes de communication, aux composants de guidage et au soutien de guerre électronique.
Un impact significatif, mais pas de bascule
Ni la Russie ni l’Ukraine ne disposent de réserves massives de drones — ces appareils étant généralement déployés peu après leur fabrication — et les frappes contre les sites industriels ralentissent directement le rythme de production et réduisent le volume de drones disponibles. Une baisse du nombre d’appareils lancés permet ensuite aux systèmes anti-drones des deux camps de faire face plus efficacement aux attaques.
Toutefois, ces opérations restent toutefois limitées dans leurs effets à long terme. Moscou et Kiev ont progressivement développé des chaînes d’approvisionnement relativement robustes, avec une production répartie sur plusieurs sites. Les infrastructures touchées peuvent souvent être remises en état rapidement, tandis que les composants critiques continuent d’être fournis grâce à des partenaires extérieurs. Malgré les frappes, les capacités de production finissent donc généralement par être rétablies. Une certitude : la victoire ira au plus armé, mais aussi (et surtout !) au plus renseigné.
Et si le voyage commençait ici ?

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