Après sa victoire contre le Red Star (3-2), mardi 12 mai, le Rodez Aveyron football n’est plus qu’à deux marches de la Ligue 1. Même s’il revendique prudence et humilité, le club sang et or ne manque pas d’envie pour aborder la suite de son aventure.

Les Ruthénois sont-ils à l’aube d’un immense exploit ? Lancé dans la fièvre des play-offs, le club sang et or a franchi la première marche, en s’imposant mardi 12 mai au Red Star (3-2), et n’est plus qu’à deux étapes de montée en Ligue 1. Cette ambition folle n’a jamais été formulée haut et fort dans le clan aveyronnais. Mais toujours est-il que le rêve est permis. Avant de se rendre à Saint-Étienne, vendredi 15 mai, certains discours montrent qu’il y a de la suite dans les idées.

« On ne va pas faire les timorés »

« Bien sûr qu’on a des ambitions !, a lancé le défenseur Loni Laurent dans les coursives du stade Bauer. On va à Saint-Étienne pour faire un résultat. Maintenant qu’on est là, on ne va pas se cacher et faire les timorés. Le président et les coachs nous ont dit qu’il fallait plus se créer des rêves que des souvenirs. » « On a une confiance énorme. Que ce soit entre nous ou avec le staff. On sait qu’on peut mourir les uns pour les autres sur le terrain. Avec cette énergie, on peut gravir des montagnes », a promis le capitaine Raphaël Lipinski.

Sans s’interdire d’être ambitieux, le club a pourtant eu l’habitude d’avancer derrière des airs modestes et des éléments de langage pour rappeler qu’il possède l’un des plus petits budgets du championnat. Mais cela n’est pas incompatible avec le fait de se donner les moyens d’aller le plus haut possible. Pour y parvenir, la direction et le staff ont commencé par tirer les leçons de la première aventure en play-off, il y a deux ans, dont la fin était survenue à Saint-Étienne (0-2), trois jours après une qualification face au Paris FC (2-2, 3-2 tab). « Je ne veux voir personne à l’hôtel », avait ainsi prévenu Didier Santini avant le match au Red Star, rappelant la visite d’agents de joueurs à Saint-Étienne, ce qui aurait déconcentré selon lui certains de ses protégés.

Un déplacement avec deux kinés, une première pour le Raf

Autre aspect : le club avait mobilisé deux kinés pour le match de mardi, une première lors d’un déplacement. Ils ont été à l’œuvre tout au long du jour du match à l’hôtel, puis dans les vestiaires après le coup de sifflet final, afin de favoriser la récupération, enjeu crucial dans cet enchaînement de matchs tous les trois jours, tandis que le prochain adversaire a eu une semaine quasiment complète sans jouer depuis la dernière journée de championnat.

Afin de perdre le moins d’influx possible, les Ruthénois ont fait court sur les célébrations d’après match. Les joueurs ont fêté la qualification sur le terrain avec les nombreux supporters sang et or présents en tribune, mais ont abrégé dans l’intimité du vestiaire. Au point de faire de cette qualification mémorable le succès probablement le moins fêté de la saison. Une manière de signifier qu’il y a encore mieux à aller chercher, et qu’il vaut mieux ne pas trop perdre d’énergie pour se donner le maximum de chances.

« Il faut bien récupérer »

Le paramètre de la fraîcheur physique a d’ailleurs été évoqué par de nombreux acteurs mardi soir, souvent en comparant avec ce qui a été vécu il y a deux ans, lors de la première aventure ruthénoise en play-offs. « Face au PFC, il y avait eu cette séance de penaltys mythique et la folie complète de fin de match, qui font que tu dépenses une énergie, une adrénaline énormes. Là, tu as pu plus gérer, je pense, la fin du match », a avancé Didier Santini. « Il y a deux ans, on était arrivés à Saint-Étienne un peu moins bien physiquement… Là, il faut bien récupérer », a estimé Wilitty Younoussa, auteur du but de la victoire et l’un des rares rescapés de 2024. « On sera fatigué, ça c’est sûr, et on le sera plus que les Stéphanois, a ajouté le coach. Mais après, c’est dans la tête. Et quand tu arrives à ce niveau-là de la compétition, il faudra que la tête prenne le dessus sur tout. »