• Dans nos villes, un débat commence à prendre de l’ampleur : faut-il désherber les trottoirs ou, au contraire, laisser pousser les plantes sauvages ?
  • Le JT de TF1 a confronté deux visions radicalement opposées en se rendant à Bordeaux et Montpellier.

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Initiatives environnementales

Mauvaises herbes pour les uns, plantes sauvages pour les autres : chacun voit midi à sa porte. Faut-il débroussailler les trottoirs ou, au contraire, se réjouir de voir la nature reprendre ses droits ? Entre Bordeaux et Montpellier, deux visions de la ville (nouvelle fenêtre) s’affrontent. 

Ce mercredi matin, sur les bords de la Garonne, l’équipe de propreté traque la végétation indésirable. Les herbes envahissantes sont retirées des pieds de façade et des trottoirs. En deux mois, quatre-vingts rues sont désherbées et nettoyées. « Je pense que c’est une bonne chose. Ça entretient les lieux, ça fait propre », salue un Bordelais. « C’est très bien, parce que notre trottoir est très étroit. On ne peut pas passer en poussette », abonde une riveraine. « Quand on passe à pied, on est obligé de descendre du trottoir. »

Cette opération de désherbage est renouvelée deux fois par an, au printemps et à l’automne. La nouvelle municipalité incarnée par Thomas Cazenave en a fait un cheval de bataille. « Certaines d’entre elles, qui sont plutôt de grande taille, avec des racines très pénétrantes, peuvent avoir un effet assez dévastateur sur les façades et donc permettre peut-être des infiltrations d’eau non souhaitées », souligne à notre micro Géraldine Amouroux, adjointe au maire en charge de la propreté. « Elles vont aussi dans le caniveau, ce qui empêche l’écoulement des eaux de pluie notamment. »

Ça influe sur le moral, ça a un côté très apaisant

Frank Plana, président de l’association Mare Nostrum

Ce qui peut sembler négligé pour certains fait l’objet de toutes les attentions à Montpellier. Dans les rues de Lo Clapàs, qui signifie « le tas de pierres » en occitan, l’association Mare Nostrum (nouvelle fenêtre) recense pour le Muséum d’histoire naturelle ces plantes sauvages qui poussent au milieu du béton. 

« Ce ne sont pas des mauvaises herbes, ce sont des choses magnifiques », défend face caméra Christine Konopnicki, référente plantes. « Graphiquement, ce n’est pas la peine d’aller dans une jardinerie et d’acheter un truc très cher. Quand on les regarde de près, les petites fleurs sont vraiment très belles. Mais elles sont humbles, ce ne sont pas des choses qui en mettent plein la vue. » Ce petit air de campagne dans la ville a changé l’atmosphère du quartier. « Ça influe sur le moral, ça a un côté très apaisant. Les rapports sociaux sont beaucoup plus fluides, beaucoup plus faciles », assure Frank Plana, président de l’association.

5 à 10 degrés en moins l’été

Les pergolas végétales et les plantes grimpantes sur les façades des maisons jouent aussi le rôle de climatiseur naturel. Avec un gain appréciable de 5 à 10 degrés lors des épisodes de fortes chaleurs. « En été, on sent que ça ramène de l’ombre sur la façade. Donc ce n’est pas directement la pierre qui va prendre la chaleur, c’est plutôt la plante », confirme un riverain. « Il y a moins d’accumulation de chaleur et donc plus de confort à l’intérieur des maisons. » 

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Mais pas question pour autant de laisser la nature dicter complètement sa loi. « Ce n’est pas du tout abandonner les quartiers », appuie Stéphane Jouault, adjoint au maire chargé de la nature et de la biodiversité pour la ville de Montpellier. « Ce n’est pas simplement laisser pousser la végétation, c’est aussi entretenir, sélectionner, enlever les plantes qui prennent trop de place, les arbres qui commencent à pousser et qui posent des problèmes pour les murs. Donc c’est vraiment une gestion. » À charge pour les habitants de bien entretenir les pas de porte de ce premier quartier sauvage de France qui pourrait être amené prochainement à être étendu.

La rédaction de TF1info | Reportage : Aurélie ERHEL et Adrien NOS