A l’appel de Sud Santé, une action syndicale s’est tenue ce mercredi 13 mai, à 11h30, devant le nouveau Centre de Chirurgie Interventionnelle (CCI) de Pontchaillou. Les équipes de stérilisation du CHU de Rennes tenaient à alerter sur des conditions qu’elles jugent incompatibles avec les exigences sanitaires d’un service aussi sensible.

À quelques jours du déménagement programmé vers le nouveau bâtiment du CCI, la tension monte. Soutenus par les syndicats SUD et CGT, les agents du service dénoncent des “malfaçons graves” et des conditions de travail qui, selon eux, pourraient compromettre la sécurité sanitaire des patients comme des personnels.
“La stérilisation est un maillon invisible de l’hôpital, mais sans elle, toute la chaîne de soins est fragilisée.”
Comme chacun sait, le service de stérilisation joue un rôle discret mais central dans le fonctionnement hospitalier. Il prépare et traite les instruments utilisés dans les blocs opératoires. Il assure également le lavage du linge et des effets personnels de patients nécessitant un environnement parfaitement aseptisé, notamment en hématologie. Dans ce type de service, les normes d’hygiène doivent être particulièrement strictes. Contrôle de la pression atmosphérique, circuits séparés, absence de contamination : chaque détail compte.
Déjà repoussé une première fois, leur déménagement vers les nouveaux locaux du Centre de Chirurgie Interventionnelle, est désormais fixé au 19 mai. Mais selon les syndicats, de nombreux problèmes restent non résolus dans les nouveaux locaux (vestiaires jugés inadaptés, circulation des personnels mal pensée, accès insuffisamment sécurisés, défauts d’étanchéité, risques électriques ou encore revêtements non conformes).
Au passage, les représentants du personnel évoquent des fissures dans les murs, des infiltrations d’eau et des peintures déjà dégradées quelques semaines avant l’installation du service. “Ces malfaçons peuvent devenir des nids à germes et à moisissures”, alertent SUD et la CGT dans leur communiqué transmis à notre rédaction, ce jour.
Alors que les questions de contamination et de sécurité sanitaire reviennent au premier plan avec l’actualité autour du hantavirus, les agents jugent “incompréhensible” qu’un service aussi stratégique puisse être transféré dans des locaux présentant encore des traces d’humidité, des défauts d’étanchéité ou des malfaçons susceptibles de favoriser la prolifération de germes.
Les syndicats redoutent notamment une augmentation des infections nosocomiales si le service est transféré dans ces conditions. « Le déménagement doit être reporté tant que les problèmes ne sont pas réglés”, défendent les syndicats. « Notre site actuel est pleinement conforme et peut continuer à fonctionner sans difficulté le temps des travaux correctifs. » Un préavis de grève reconductible a été déposé du 13 au 19 mai 2026. Les organisations syndicales ont également demandé l’examen en urgence du dossier lors du Comité Social d’Établissement du 12 mai.