Un billet de train unique, réservé sur une seule plateforme, est-ce pour bientôt ? La Commission européenne a présenté ce mercredi son projet visant à simplifier les trajets ferroviaires au sein de l’Union européenne (UE). Bruxelles souhaite contraindre les compagnies à proposer les offres de leurs concurrents sur internet afin d’aider les passagers à comparer les prix et acheter leur billet en une seule fois pour les voyages transfrontaliers. L’essor du rail plutôt que l’avion est crucial pour les ambitions climatiques de l’Europe.

Cette proposition, qui va être soumise aux États et au Parlement européen, risque de se heurter à l’opposition des compagnies nationales. La Communauté européenne du rail (CER) – lobby d’exploitants de l’UE –, a dénoncé une « ingérence sans précédent » de l’exécutif européen. « Je ne connais aucun cas où quelqu’un est obligé de vendre le produit d’un concurrent », a réagi Alberto Mazzola, un responsable du CER.

Un serpent de mer

Ce projet reste un serpent de mer en raison du morcellement du réseau en 27 systèmes nationaux, rendant les voyages compliqués et coûteux. Pour preuve, près de deux personnes sur trois renoncent à un voyage en raison de la complexité du processus de réservation, d’après une enquête réalisée par YouGov pour l’ONG Transport et environnement (T & E) en 2025. Des réservations qui prendraient en moyenne 70 % de temps en plus que celles d’un vol, selon d’autres études. « Un système ferroviaire européen a besoin de réservations simples, de correspondances fiables et de droits clairs pour les passagers. Ce n’est qu’à ces conditions que le train deviendra une véritable alternative » à l’avion court-courrier, a souligné Vivien Costanzo, eurodéputée allemande sociale-démocrate.

Pour tenter d’y remédier, Bruxelles voudrait obliger les opérateurs ferroviaires – qui détiennent une part de marché d’au moins 50 % des services dans un pays – à rendre leurs billets disponibles sur des plateformes de réservation en ligne si elles le leur demandent. Face à la fragmentation, c’est une « avancée bienvenue », a salué Catriona Meehan, du site de réservation Omio. L’exécutif européen souhaite également mettre à jour les droits des usagers en cas de correspondance manquée, en matière d’indemnisation ou de flexibilité pour monter dans le train suivant. Cette initiative intervient alors que la guerre au Moyen-Orient a fait flamber les prix du kérosène et fait redouter des difficultés d’approvisionnement pour le secteur aérien en pleine saison touristique en Europe.