Google a interdit les publicités pour ebooks sur sa plateforme pour lutter contre le piratage. Mais selon des éditeurs qui le poursuivent en justice, seuls les vendeurs légaux auraient été bloqués. Les pirates, eux, auraient continué à diffuser leurs annonces sans problème.

Hacker Source : 123rf

La lutte contre le piratage en ligne mobilise les ayants droit depuis des années. Les éditeurs de livres sont devenus les plus actifs sur ce front. Ils représentent désormais un quart des demandes de retrait adressées à Google chaque année. Le nombre de requêtes de suppression de contenus pirates explose depuis plusieurs mois, sans que le phénomène ne recule vraiment. Des pubs pour copies illégales continuent pourtant d’apparaître sur les grandes plateformes.

Face à cette situation, certains éditeurs choisissent l’action en justice. Des maisons d’édition françaises ont récemment attaqué Meta pour violation de droits d’auteur. Aux États-Unis, quatre éditeurs de manuels scolaires ont adopté la même stratégie contre Google. Il s’agit de Cengage Learning, Macmillan Learning, Elsevier et McGraw Hill. Leur procès a débuté en juin 2024.

Google est accusé d’avoir laissé les pirates contourner son propre système anti-pub

Un mémoire vient d’être déposé devant le tribunal fédéral de New York par les quatre maisons d’édition. Ce document relayé par TorrentFreak répond à la demande de Google de classer l’affaire. Selon les plaignants, la firme a banni les pubs pour ebooks sur sa plateforme Shopping en 2021. L’objectif officiel était de lutter contre le piratage. Pourtant, cette interdiction n’a bloqué que les vendeurs légaux. Des pirates ont continué à diffuser leurs annonces sur la même plateforme. Les éditeurs affirment avoir prévenu Google que son interdiction ne fonctionnait pas dans les deux sens. Ces pubs illégales seraient restées en ligne malgré des centaines de notifications envoyées. La firme aurait même menacé de cesser d’examiner ces alertes pendant six mois.

Sur les 7 359 manuels identifiés, des pubs pour copies piratées auraient été diffusées par la plateforme. Le moteur de recherche se défend en se présentant comme un simple intermédiaire technique. Les éditeurs rejettent cet argument. La firme décide activement quoi promouvoir et à qui le montrer, rappellent-ils. Contourner sa propre politique anti-piratage ne laisse guère de place à l’ignorance, ajoutent les plaignants. Google aura l’occasion de répondre avant que le tribunal ne statue.