Projet Dernière Chance atteint la fin de sa course au box-office. Course qui ressemblait moins à un sprint qu’à un marathon, dont il sort victorieux.
Projet Dernière Chance met en scène le plan inespéré de Ryan Gosling et Sandra Hüller pour sauver la Terre. Il représente aussi une opportunité de sauver Hollywood, ou plutôt une lueur d’espoir dans une industrie dominée par les franchises interminables. Certes, il est adapté du roman d’Andy Weir, qui avait déjà connu le succès au cinéma avec Seul sur Mars, mais il est aussi un peu à part au sein de sa catégorie : dans cette fourchette de budget, les suites, remakes et autres reboots dominent le box-office.
C’est moins une question de licence que de stratégie. Contrairement à la plupart de ses concurrents, Amazon MGM ne misait pas sur telle ou telle figure héroïque, sur tel ou tel clin d’œil nostalgique, mais sur la critique, le bouche-à-oreille, les promesses de grand spectacle spatial, sur Ryan Gosling et sur la réputation de ses réalisateurs, Phil Lord et Chris Miller. Miracle, ça a fonctionné. C’est l’heure du bilan.
Projet Dernière Chance de Hollywood
Projet Dernière Chance était un beau pari pour le studio. Avec 200 millions de dollars de budget selon Variety, il est en concurrence avec les plus gros blockbusters de l’année. Aux États-Unis, il est disponible en Premium VOD depuis le 12 mai, ce qui va forcément freiner son long parcours en salles où il « AMAZE AMAZE AMAZE » depuis 8 semaines déjà. Fait notable : la date avait été repoussée par Amazon MGM, Miller affirmant même sur X qu’il ne « serait pas en streaming de sitôt » en avril.
Une décision rare dans un écosystème qui privilégie les premières semaines, voire jours, d’exploitation des superproductions, avant de les balancer en VOD dès qu’elles fléchissent au box-office (voir notre vidéo à ce sujet plus bas). Il faut dire que la trajectoire du film enfreint également les règles établies par les majors : débutant avec 80 millions de dollars chez l’Oncle Sam, il n’a jamais perdu plus de 42 % de recettes d’un week-end à l’autre. Comme Sinners l’année dernière, il a bénéficié d’un bouche-à-oreille efficace, qui lui a permis de maintenir un cap sur le long cours.
Il peut d’ailleurs encore tenir la distance. À l’heure où sont écrites ces lignes, il est diffusé dans 2 417 salles aux États-Unis (contre plus de 4 000 au début de sa carrière) et il continue à trouver son public. Ne serait-ce que le week-end du 8 mai, il n’a perdu que 22,5 % de ses recettes malgré 600 salles en moins ! Pour référence, il a plus rapporté que le dernier Avatar lors de son propre huitième week-end, alors que la saga de James Cameron est elle aussi connue pour construire son succès sur la durée (et qu’il a fini avec 1,5 milliard en poche).
Le jour de sa sortie en VOD, il cumule donc plus de 656 millions de dollars, répartis quasi équitablement entre le marché domestique et le marché international. Ça en fait le deuxième plus gros succès de l’année derrière Super Mario Galaxy (941,3 millions) et juste devant le carton chinois Pegasus 3 (649,8 millions). En France, il a fait 1,1 million d’entrées.
Voilà qui risque de valoir à Andy Weir encore plus d’attention. Doté d’un budget de 108 millions de dollars, Seul sur Mars avait à l’époque dépassé les 630 millions, profitant lui aussi d’un enthousiasme du public. À l’époque, c’était un véritable accomplissement, que Projet Dernière Chance a pourtant réussi à surpasser, sans Ridley Scott à la barre. Une belle histoire qui prouve qu’on peut encore faire de l’argent avec de bons films sans licence… Mais ne nous réjouissons pas trop vite : Le Diable s’habille en Prada 2 a amassé 435 millions de dollars en moins de deux semaines !
