Publié le
12 mai 2026 à 18h12
Pour qu’il y ait recel d’un objet volé, il faut que la personne ait conscience de sa provenance frauduleuse. C’est ce que s’est attaché à démontrer l’avocate d’une jeune femme accusée du recel d’une voiture volée, à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Devant le tribunal de Rouen, le jeudi 7 mai 2026, en appuyant sur sa situation personnelle très compliquée à ce moment-là, elle a plaidé la naïveté dans un dossier où de nombreux éléments auraient dû lui mettre la puce à l’oreille.
« Je vivais une situation compliquée »
Tout commence le 6 avril 2024. Ce jour-là, une brigade de police décide de contrôler une conductrice, vue téléphone en main au volant d’une Peugeot 208. Rapidement, le certificat d’immatriculation provisoire paraît louche aux yeux des policiers. Après vérifications, il apparaît que la voiture a été volée à Rouen quelques jours plus tôt.
La conductrice, une jeune femme de 25 ans au moment des faits, assure qu’elle a acheté le véhicule en bonne et due forme et qu’elle doit bientôt recevoir les documents à son domicile.
À la barre, elle maintient qu’elle n’a jamais su que la voiture était volée. « Je vivais une situation compliquée. J’ai fait un déni de grossesse et j’avais besoin d’une voiture pour le moment où le bébé allait arriver », explique-t-elle devant le tribunal.
Des vendeurs douteux
Interrogée par la présidente, elle explique qu’elle a rencontré les vendeurs dans un bar, puis que la discussion autour d’une vente de véhicule s’est poursuivie en ligne, sur Snapchat.
Le paiement des 15 000 € demandés par les « vendeurs » ? « J’ai payé en liquide, donc il n’y a pas de preuves », reconnaît-elle. La clé qui ne correspondait pas à la marque de la voiture et la promesse d’envoyer les papiers plus tard ne l’ont pas plus alertée.
À aucun moment c’est entré dans ma tête que ça pouvait être une voiture volée.
La prévenue
Dans ces circonstances, le procureur l’estime de bonne foi et demande la relaxe de la jeune femme. Une décision également réclamée par l’avocate de la défense, qui plaide « l’extrême naïveté » de sa cliente.
Finalement, le tribunal a suivi ces recommandations et prononcé la relaxe de la prévenue, qui a pu rejoindre sa mère et quitter la salle en poussant un gros soupir de soulagement.
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