Dix-huit ans après une intervention chirurgicale ratée, la justice reconnaît la responsabilité de l’hôpital grenoblois dans la mort d’un patient de 46 ans, amputé puis décédé des suites de complications jamais diagnostiquées.
Une simple opération du dos en 2007. Christophe en ressortira avec une jambe en moins, des années de souffrance et une mort prématurée à 46 ans en 2019.
Le tribunal administratif de Grenoble vient de condamner le CHU isérois à verser plus de 200 000 euros aux proches de la victime, selon Le Parisien. En cause : une série de fautes médicales commises par un chirurgien spécialisé dans la chirurgie du rachis.
Tout bascule pendant l’opération. Le chirurgien sectionne accidentellement une veine iliaque, provoquant une hémorragie. Mais c’est surtout après l’intervention que le dossier s’aggrave : l’homme développe un syndrome des loges, pathologie grave qui nécessite une prise en charge urgente. Le diagnostic ne sera jamais posé par le praticien.
Les années qui suivent sont un calvaire. Infections, complications en série. En 2016, neuf ans après l’opération initiale, Christophe doit être amputé d’une jambe.
Le tribunal est sans ambiguïté : « Le centre hospitalier régional de Grenoble est entièrement responsable des conséquences dommageables subies » par la victime « du fait des manquements commis par le chirurgien lors de l’opération et en postopératoire ».
En droit administratif français, un médecin hospitalier ne peut être poursuivi personnellement. C’est donc l’établissement qui paie. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Une instruction pénale, ouverte en 2019, vise directement le chirurgien. Il est mis en examen dans douze dossiers distincts, dont deux pour « homicides involontaires » concernant d’autres patients décédés.
Une reconnaissance tardive pour une vie brisée sur un billard d’hôpital.