Il est « d’origine virale » et n’a entraîné aucun cas grave, ont détaillé dans un communiqué la préfecture de Gironde et l’agence régionale de santé, qui avaient rapidement écarté tout lien avec les cas d’hantavirus détectés à bord du navire MV Hondius.

« L’interdiction de débarquement » qui touche les passagers et l’équipage du navire depuis son arrivée sur les quais de la ville à l’aube va être « levée » pour les personnes « non symptomatiques » mais les malades devront rester « à l’isolement », poursuivent-ils.

« Nous sommes contents d’être dehors, et de profiter un peu de liberté pour voir ce qu’il se passe à Bordeaux », sourit Tim, un passager sorti du navire se dégourdir les jambes à la nuit tombée.

Parmi les 1 233 passagers, en majorité britanniques et irlandais, 80 avaient été victimes de « symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë » depuis lundi, selon les autorités.

Pris en charge par le médecin de bord, les malades ont été isolés dans leur cabine dès leurs symptômes, tandis que les autres passagers pouvaient se promener à bord du navire, sans débarquer sur les quais.

Pour Marilyn, une autre passagère sortie au crépuscule, « il n’y a absolument rien à reprocher à l’équipage. Ils ont passé leur temps à tout nettoyer et garder propre et à nous renseigner sur la situation. »

Mais « être à deux dans une cabine avec ce truc, c’est un challenge ! », plaisantait plus tôt dans la journée sur Facebook une autre passagère, touchée par le virus à bord.

Analyses complémentaires

Le paquebot « Ambition » devait repartir ce jeudi soir vers le nord de l’Espagne, avant de rentrer à Liverpool le 22 mai, mais « la compagnie, sur la base de ces informations médicales, prendra la décision quant à la poursuite de son circuit », ont ajouté les autorités.

Lundi, « des symptômes digestifs sont apparus » lorsque le navire stationnait à Brest, a précisé lors d’un point-presse le docteur Karim Tararbit, conseiller médical de l’ARS.

Lors de cette même escale bretonne, un ressortissant britannique de 92 ans est décédé à bord d’un arrêt cardiaque, selon les autorités, mais « à ce stade, il n’y a aucun lien entre ce décès et la situation à bord », a ajouté le Dr Tararbit.

Selon le grand port maritime de Bordeaux, le corps du défunt est conservé à bord, « dans les dispositions prises selon les conventions internationales ».

La compagnie propriétaire du bateau, enregistré aux îles Bahamas, a précisé mercredi sur son compte Facebook avoir été alertée d' »une augmentation des cas après l’embarquement à Liverpool », le 9 mai.

Les analyses complémentaires, menées sur des malades à bord et confiées au Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux « confirment qu’il s’agit bien d’un épisode de gastro-entérite d’origine virale », ont indiqué mercredi soir les autorités.

« Éviter toute psychose »

Face à des rumeurs évoquant la présence de l’hantavirus à bord et pour « éviter toute psychose », les autorités avaient expliqué avoir pris, au petit matin, ces mesures de « précaution élargie », en raison « du contexte international » et « par manque d’informations » délivrées par le navire dans la nuit, « quand bien même ce type d’épidémie sur un bateau, en milieu clos, n’est pas rare ».

Une épidémie similaire de gastro-entérite a été signalée la semaine dernière dans les Caraïbes à bord du Caribbean Princess, dont 145 passagers et 15 membres d’équipage ont eu la diarrhée ou ont vomi, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains.