Un héros niçois. Il y aura bien une statue du résistant communiste Max Barel sur la place qui porte son nom dans le quartier du port, à Nice. Le maire (UDR) Éric Ciotti a répondu favorablement, ce mercredi 13 mai 2026, à une demande de son opposant communiste Julien Picot.
« La mémoire de Max Barel doit continuer à être transmise aux jeunes générations », a explicité Éric Ciotti par voie de communiqué. Sans mentionner toutefois l’engagement politique du résistant, le maire salue un « grand héros niçois, figure emblématique de la Résistance française, dont le parcours exceptionnel reste profondément lié à l’histoire de notre ville ».
Pour entériner la mesure, « une délibération sera prochainement présentée au conseil municipal ».
Préserver la mémoire de la Résistance
Une décision dont s’est réjoui le conseiller municipal d’opposition et secrétaire départemental du Parti communiste français, Julien Picot, évoquant « une victoire importante pour toutes celles et ceux qui, depuis des années, portent l’exigence de reconnaissance de la Résistance populaire, ouvrière et communiste dans notre ville ».
C’est lui qui, le 8 mai, « date anniversaire de la victoire sur le nazisme et de la Libération de la France », avait demandé au maire cette statue pour « transmettre la mémoire de la Résistance ».
Il n’était pas le premier : la República de Nissa, une association de défense de l’identité niçoise, défendait depuis 2012 ce même projet de statue pour « célébrer un grand résistant local ».
Le mois dernier, Éric Ciotti avait déjà annoncé à Nice-Matin qu’il renonçait au « parvis Nicolas-Sarkozy » voulu par son prédécesseur Christian Estrosi (Horizons) devant le futur hôtel des polices, attendu en octobre dans les murs de l’ancien hôpital Saint-Roch.

Max Barel, une figure de la Résistance
Né à Menton le 4 juillet 1913 dans une famille d’instituteurs, Max Barel entre à 15 ans dans la Fédération des jeunesses communistes et adhère à l’Union sportive ouvrière niçoise. Sa participation à un camp militant au Bar-sur-Loup en 1932 fait l’objet de son premier « fichage » par les renseignements généraux.

Après son bac, il entre à Polytechnique à Paris en 1933 où il anime divers groupes et cercles d’étudiants marxistes. Dès lors, il participe à toutes les manifestations antifascistes et du Front populaire entre 1935-1936. Considéré comme « le communiste « de l’École polytechnique, il est plusieurs fois arrêté et relâché. Lorsque la guerre éclate, il est nommé lieutenant au 6e Régiment d’artillerie basé à Villeurbanne.
En mars 1941, il refuse de prêter serment à Pétain et démissionne pour s’engager dans la Résistance. Le 6 juillet 1944, deux miliciens de la Gestapo le coincent sur les quais de la gare de Lyon-Perrache, l’emprisonnent et vont le supplicier quatre jours et cinq nuits durant lesquels Max taira le nom de ses camarades de combat. Le corps de Max Barel n’a jamais été retrouvé mais son nom restera porteur du refus de l’injustice pour l’éternité.
Son père Virgile Barel fut aussi une figure de la Résistance communiste et de la vie politique niçoise : député du Front populaire avant la Seconde Guerre mondiale, il fut, à la Libération, nommé par le préfet président de la délégation spéciale de Nice (c’est-à-dire, dans les faits, maire de Nice). Il fut également réélu député et dirigea, pendant deux ans, le conseil général.