Par

Julien Van Caeyseele

Publié le

13 mai 2026 à 17h07

« La prolifération du moustique tigre est inéluctable : que ce soit en Seine-et-Marne, mais plus largement en France ! » La prédiction que Jean-Philippe Siblet, un naturaliste, avait formulée dans nos colonnes l’année dernière se confirme… Alors que l’Agence régionale de santé d’Île-de-France (ARS) a lancé, début mai 2026, sa campagne 2026 de surveillance renforcée autour de l’espèce (Aedes albopictus) à travers le territoire, le moustique tigre continue de s’implanter en Seine-et-Marne, avec toujours plus de communes considérées comme colonisées. À ce jour, 46 communes sont concernées dont la plus grande ville du département (Fontainebleau), la plus peuplée (Meaux) ou d’autres communes avec de nombreux habitants (Chelles, Melun, Pontault-Combault, Savigny-le-Temple). En 2024, « seulement » onze communes étaient considérées comme colonisées : en 2018, Brie-Comte-Robert était un cas unique ! Découvrez si votre commune est concernée…

Tout ce qu’il faut savoir sur le moustique tigre en Seine-et-Marne

La prolifération concerne essentiellement la frange ouest de la Seine-et-Marne, au contact d’autres départements colonisés, mais des communes plus centrales sont désormais concernées (voir l’encadré ci-dessous)… Sans surprise, l’ARS confirme « la progression du moustique tigre » dans le département. Si ce petit moustique discret – facilement reconnaissable à ses rayures noires et blanches – est particulièrement actif en journée, à l’aube et au crépuscule, il est surtout vecteur de maladies et virus tropicaux.

Ainsi, en 2025, quelque 36 cas d’arboviroses (maladie virale transmise par la piqûre d’arthropodes dont les moustiques) ont été recensés en Seine-et-Marne. « Il s’agit uniquement de cas importés », précise-t-on à l’ARS. Les personnes n’ont pas été piquées dans le département ; mais dans le détail, l’agence a relevé 18 cas de dengue, 17 cas de chikungunya et 1 cas de Zika.

Les villes colonisées par le moustique tigre en Seine-et-Marne

Moret-Loing-et-Orvanne, Montigny-sur-Loing, Champagne-sur-Seine, Thomery, Avon, Fontainebleau, Vulaines-sur-Seine, Dammarie-lès-Lys, Vaux-le-Pénil, Melun, Saint-Fargeau-Ponthierry, Vert-Saint-Denis, Cesson, Savigny-le-Temple, Nandy, Lieusaint, Moissy-Cramayel, Combs-la-Ville, Brie-Comte-Robert, Lésigny, Lumigny-Nesles-Ormeaux, Pontault-Combault, Roissy-en-Brie, Ozoir-la-Ferrière, Émerainville, Croissy-Beaubourg, Lognes, Noisiel, Gournay-sur-Marne, Collégien, Bussy-Saint-Georges, Gouvernes, Torcy, Vaires-sur-Marne, Brou-sur-Chantereine, Champs-sur-Marne, Saint-Thibault-des-Vignes, Chelles, Saint-Thibault-des-Vignes, Thorigny-sur-Marne, Dampmart, Chessy, Serris, Meaux, Mitry-Mory et Villeparisis.

« Il n’y a pas de démoustication de confort »

Si des opérations de démoustications avaient eu lieu en 2024 (à Combs-la-Ville, Savigny-le-Temple et Champs-sur-Marne) aucune intervention du genre n’a été menée en 2025. Un paradoxe alors que la colonisation s’étend ? Pas nécessairement, répond l’ARS : « Son installation dans le département s’intensifie mais les opérations de démoustication sont réalisées dans un cadre sanitaire uniquement, prévient l’agence. Elles ont pour objectif d’éviter les cas d’arboviroses autochtones, ce ne sont pas des démoustications de confort. »

Pour qu’une démoustication soit lancée deux conditions doivent être réunies : « Un cas d’arbovirose identifiée et la sa présence avérée dans un rayon de 150 m autour du cas identifié », liste l’ARS. En cas de déclaration d’un cas d’arbovirose, l’agence lance systématiquement une enquête de terrain. L’opération est confirmée seulement si ces deux éléments sont avérés, « pour réduire au maximum les chances de prolifération de la maladie par le moustique. »

Signalez la présence du moustique tigre dans votre ville

Outre les pièges pondoirs, les autorités sanitaires comptent sur les signalements d’habitants pour évaluer la présence du moustique tigre. Attention : pour réaliser un signalement, il faut impérativement disposer d’une photo, ou d’un moustique dans un état permettant son identification. Mais tous les moustiques ne sont pas forcément de l’espèce Aedes albopictus… Trois caractéristiques permettent de l’identifier : sa petite taille (plus petit qu’une pièce d’un centime), ses couleurs (noir et blanc) et ses anneaux (cinq anneaux d’écailles blanches sur les pattes postérieures et une ligne dorsale blanche sur le thorax).

Outre la surveillance épidémiologique, l’ARS coordonne aussi une surveillance entomologique pour suivre l’évolution de la population de moustique. Pour ce faire, l’agence dispose d’un réseau de pièges pondoirs qui permettent de détecter et quantifier l’activité. En Seine-et-Marne, 53 nouveaux pièges ont été disposés en 2025 permettant d’arriver à un total de 119 pièges dans « les communes les plus à risque ». Interrogée sur ce point, l’ARS ne donne pas de détails sur la répartition des pièges dans le département, mais évoque les aéroports et les établissements de santé comme « des sites sensibles ».

Des gestes simples…

En revanche, l’ARS compte aussi sur la plateforme de signalements citoyens pour suivre le front de progression du moustique tigre. En 2025, quelque 159 signalements de Seine-et-Marnais ont été transmis, dont 82 exploitables, précise l’ARS (lire l’encadré). Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) quelques gestes simples peuvent permettre de prévenir la prolifération : vider et retourner les coupelles et vases dans les jardins, mettre à l’abri de la pluie tout objet où pourrait stagner l’eau, recouvrir les bidons de récupération d’eau de pluie avec une moustiquaire ou encore curer les gouttières…

La campagne de surveillance de l’ARS, qui va durer jusqu’au 30 novembre, est justement ponctuée d’actions de sensibilisation, notamment auprès des communes concernées pour informer sur les réflexes permettant de limiter la propagation de l’espèce et donc d’éviter la propagation de maladies. Fin avril, des agents des communes de Thorigny-sur-MarneLésigny (nouvellement colonisées) ont été formées par l’ARS, qui propose cette action à la demande. Dans le cadre du festival Randonnée et nature, à Ferrières-en-Brie, l’Agence régionale de démoustication (ARD), partenaire de l’ARS, tiendra un stand d’information ouvert à tous, le samedi 27 juin 2026(10h/17h).

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