Écrasée par la concurrence des sites en ligne et de la fast-fashion, Minelli rejoindra le 30 mai la liste des enseignes de prêt-à-porter forcées d’arrêter leur activité, au grand désarroi des clientes et des employés.

Publié le 14/05/2026 11:47

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Un passant devant l'enseigne Minelli à Marseille, ville mère de l'entreprise, le 9 janvier 2024. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Un passant devant l’enseigne Minelli à Marseille, ville mère de l’entreprise, le 9 janvier 2024. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Escarpins dorés vissés aux pieds, Eléonore fait plusieurs allers-retours dans un magasin Minelli à Paris. « Les pailletés ou les designs étaient très typiques de Minelli. C’était vraiment une valeur sûre. C’est vraiment dommage », déplore la cliente car les 21 points de vente du chausseur français ferment définitivement samedi 30 mai.

L’entreprise fondée en 1973, près de Marseille, a annoncé la nouvelle sur ses réseaux sociaux mercredi 13 mai. Employant 86 personnes, la société a été placée en redressement judiciaire en mars pour la deuxième fois en trois ans. Les passionnés de chaussures n’ont plus que deux semaines pour un dernier tour de piste entre les étalages.

Entre les boîtes de chaussures, des affiches annoncent -60% jusqu’à la fermeture définitive du magasin, Monia en profite pour essayer des ballerines vertes. La cliente regrette à son tour la disparition de Minelli : « Pour avoir ce type de qualité, parfois il faut aller encore en plus haut de gamme et c’est beaucoup trop cher. Et là, ça restait quand même accessible. Les plus belles marques s’en vont. »

Le chausseur rejoint en effet la longue liste des victimes de la crise du prêt-à-porter. Entre l’inflation et la concurrence accrue des sites de fast-fashion à bas prix, de plus en plus de boutiques de moyenne gamme disparaissent ces derniers mois. Certaines ont été placées en redressement judiciaire à l’image d’André tandis que d’autres ont déjà mis la clé sous la porte comme San Marina.

Clio arpente la boutique en quête de chaussures de soirée. La jeune femme refuse d’acheter sur les sites internet. « C’est vraiment dommage parce que ce n’est pas la même qualité de chaussures, ce n’est pas les mêmes designs. Et puis pour l’emploi, c’est triste aussi. Ce sont des emplois qui sont un petit peu mieux rémunérés et mieux traités que par les enseignes qui leur volent leurs clients », détaille Clio.

Les candidats au rachat de Minelli avaient jusqu’au 11 mai pour déposer leur dossier. Malgré les six offres mises en ligne mardi par le greffe du tribunal des activités économiques de Paris, seulement quatre d’entre elles prévoyaient la reprise d’un ou deux des 21 points de vente restants de Minelli ou de la marque sans ses salariés.

Les employés courent dans tous les sens afin de s’occuper de l’afflux des clientes. Certaines n’arrivent pas à cacher leur tristesse, d’autres leur colère. Beaucoup de clientes leur adressent une parole réconfortante avant de sortir du magasin pour la dernière fois.