Apple se joint à Google pour critiquer les mesures préliminaires de la Commission européenne qui veut forcer Android à s’ouvrir aux IA concurrentes de Gemini. Le créateur de l’iPhone, pourtant rival historique de Google, dénonce un texte qui ferait courir « de graves risques » à la vie privée et à la sécurité des utilisateurs européens.
L’ennemi de mon ennemi. Apple, qui se bat depuis des mois contre le Digital Markets Act (DMA), prend publiquement la défense de son grand rival Google dans son bras de fer avec Bruxelles. Selon Reuters, la firme de Cupertino a déposé le 13 mai une contribution officielle auprès de la Commission européenne pour s’opposer au projet de texte qui obligerait Google à ouvrir Android et ses données de recherche à ses concurrents, dont OpenAI, Anthropic ou Mistral. Une annonce qui n’a peut-être rien du hasard : Apple et Google ont signé un accord pour le prochain Siri.
En janvier, l’Europe a lancé deux procédures de spécification contre Google pour le forcer à laisser les chatbots IA concurrents accéder aux mêmes fonctions matérielles et logicielles d’Android que Gemini (micro, caméra, processeur neuronal). Bruxelles exige aussi que Google partage, de manière anonymisée, ses précieuses données de recherche avec ses rivaux, pour leur permettre d’entraîner leurs propres modèles.
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Apple dénonce des « risques graves » pour la vie privée et la sécurité
Dans sa contribution, Apple ne mâche pas ses mots. « Les mesures préliminaires soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses. Si elles sont confirmées, elles créeraient de graves risques pour la vie privée, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l’intégrité et les performances des appareils », écrit la marque.
L’argumentaire est connu : c’est celui qu’Apple déroule depuis des mois à propos de l’interopérabilité forcée des iPhone. Selon Cupertino, ouvrir un système d’exploitation à des services tiers expose forcément les utilisateurs à de nouvelles failles, surtout dans un contexte où les capacités des systèmes d’IA évoluent vite et où leurs comportements restent « imprévisibles ». Défendre Google a donc du sens : Apple veut faire savoir que ce n’est pas qu’une question personnelle. Apple anticipe peut-être des mesures similaires à son encontre : l’Europe pourrait s’opposer au nouveau Siri avec Gemini.
Le Google Pixel 9a embarque toutes les fonctions IA de Google, comme Gemini Live et les modifications des photos. // Source : Alfred Tertrais / Numerama
Dans la continuité de ses déclarations sur la bureaucratie européenne, Apple s’en prend frontalement à la méthode et à l’expertise de Bruxelles. « La Commission européenne refait la conception d’un système d’exploitation. Elle substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google, sur la base de moins de trois mois de travail », peut-on lire dans la contribution citée par Reuters.
Une attaque qui rejoint les critiques formulées par Apple dans son communiqué historique de septembre 2025, dans lequel la marque demandait une refonte du DMA. Apple a déjà commencé à mettre ses menaces à exécution sur son propre territoire. La marque a notamment annoncé en novembre la désactivation de la synchronisation Wi-Fi entre iPhone et Apple Watch en Europe, plutôt que d’ouvrir cette fonction à des accessoires tiers. Reste à voir si Google adoptera la même stratégie du « tout ou rien » sur Android, ou s’il choisira de se conformer aux demandes de l’Europe pour éviter une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial.

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