Que vous soyez plutôt du soir ou levé aux aurores, l’heure à
laquelle vous allez à la selle en dit long sur votre santé
digestive. Un transit jugé normal va de trois
fois par jour à trois fois par semaine, mais certaines heures de la
journée offrent un vrai coup de pouce naturel. Pour la
majorité des adultes en bonne santé, les spécialistes s’accordent :
le meilleur moment pour aller à la selle est le matin,
juste après le réveil et le premier repas. « En
général, le matin, peu après le
réveil, c’est généralement le meilleur moment pour
aller à la caca pour la plupart des gens », explique le Dr Kenneth
Brown, gastroentérologue à Plano, Texas (Etats-Unis) au site
Eating Well.
Le côlon est plus actif en journée,
surtout le matin, tandis que le taux de cortisol grimpe et stimule
aussi l’intestin. Pendant le sommeil, la digestion ralentit et les
selles s’accumulent ; au réveil, le côlon est prêt à se vider.
Gastro-entérologue aux Etats-Unis, le Dr Will Bulsiewicz rappelle
que « notre corps fonctionne selon un rythme qui s’aligne sur le
lever et le coucher du soleil ». Le premier verre d’eau, puis le
petit-déjeuner déclenchent le réflexe
gastro-colique : l’estomac qui se remplit envoie un signal
au côlon pour qu’il se vide.
« Apprenez à votre corps à faire caca à une heure précise en vous
asseyant sur les toilettes pendant cinq minutes après avoir pris
votre café et votre petit-déjeuner du matin. Une fois sur place, ne
forcez pas, et si après cinq minutes vous ne faites plus caca
activement, levez-vous et partez. Mais si vous répétez ce processus
plusieurs jours d’affilée, votre corps reconnaîtra que que vous
essayez de faire caca à ce moment-là et vous aider aidera »,
renchérit Will Bulsiewicz, gastro-entérologue à Charleston, en
Caroline du Sud (Etats-Unis).
« Une régularité adéquate »
Pour vous aider à aller à la selle à ces instants, n’hésitez pas
à glisser un petit tabouret de
toilettes ou une boîte sous les pieds. Cette
surélévation modifie l’angle entre le buste et les cuisses, qui
passe d’environ 90 degrés sur des WC classiques à un angle proche
de 35 degrés, beaucoup plus favorable au passage des selles.
« Les selles quotidiennes sont un objectif fréquent, mais ‘une
régularité adéquate’ et un vidage complet sont plus importants que
le respect d’une fréquence rigide », rappelle enfin le Dr Will
Bulsiewicz.
Pour aider votre transit, certains aliments sont à privilégier,
surtout ceux riches en fibres. En gonflant dans l’estomac,
ces dernières favorisent l’avancée des selles. Mais attention de ne
pas se jeter sur les céréales complètes et les fruits et légumes en
excès. Trop de fibres risquerait d’entraîner gaz et ballonnements.
Si vous n’avez pas du tout l’habitude d’en d’en manger, le mieux
est d’augmenter les quantités très progressivement.
De l’importance de l’hydratation et du
mouvement
Pour jouer leurs rôles bénéfiques sur le transit, les fibres ont
besoin d’être imprégnées d’eau. Il est donc important de boire, pas
de grandes quantités d’un coup, mais plutôt des petites, tout au
long de la journée. Cela tombe bien, la déshydratation favorise la
constipation : un manque d’eau pousse le côlon à en récupérer
davantage dans les selles, qui deviennent plus sèches et difficiles
à évacuer.
Prenez également l’habitude d’une balade après les repas. Le
fait de marcher, en mobilisant les muscles en douceur, favorise
aussi une bonne progression des aliments. Pas de sport après manger
en revanche, cela détournerait l’énergie vers les muscles,
bloquerait la digestion et favoriserait les troubles du
transit.
Attention, voyages, décalage horaire, stress, troubles du
sommeil ou certains traitements comme les opioïdes peuvent casser
votre rythme circadien et bouleverser votre transit, tout comme
l’hypothyroïdie, le diabète, la grossesse ou l’âge. En cas de
changement brutal ou de constipation et diarrhée
qui durent plus de deux semaines, un avis médical s’impose.