l’essentiel
À l’aube d’un barrage d’accession crucial face à l’AS Saint-Étienne ce vendredi, le milieu de terrain du Rodez AF, Samy Benchamma, se confie. Fort d’une série impressionnante de vingt et un matchs sans défaite, le Tarnais revient sur la saison exceptionnelle des Ruthénois, son intégration réussie au sein du groupe et son attachement viscéral à ses racines, entre Mazamet et Castres. Entretien avec un joueur déterminé à emmener le RAF vers les sommets de la Ligue 1, avant le défi mythique de Geoffroy-Guichard.
Dans quel état d’esprit êtes-vous après ce premier barrage remporté ?
C’est magnifique. On fait une saison magnifique. On est sur vingt et un matchs sans défaite. Le groupe se connaît par cœur aujourd’hui, et c’est que du positif. On va aller à Saint-Étienne pour continuer notre rêve. Ce ne sont pas des matchs bonus, parce qu’on a mérité d’être là. Ce sont des matchs qui nous tiennent à cœur, et on va tout donner pour aller chercher le prochain tour et ensuite le barrage aller-retour contre le 16e de Ligue 1.
Comment vivez-vous cette saison, à titre personnel ?
Très bien. Je suis arrivé en septembre, en fin de mercato. Il y avait déjà une équipe en place. J’ai été très bien intégré, avec de très bons mecs. On a un groupe jeune, qui s’entend très bien. Et puis je ne suis pas loin de ma famille, c’est important pour moi. Ça m’aide à me sentir bien en dehors du terrain, et forcément ça se ressent sur le terrain aussi.
Il y avait une forme d’ambition en venant à Rodez, sans se fixer de limites ?
Oui, clairement. Quand je suis arrivé, j’ai compris que c’était un club familial, où on ne calcule pas. On prend les matchs les uns après les autres. On ne pensait jamais à celui d’après. On se concentrait sur l’instant. C’est ce qui nous a permis de jouer relâchés, sans regarder le classement. En décembre, on était loin des barrages. Mais on a su enchaîner, gagner, ne pas perdre, arracher des nuls. Et ça nous amène là aujourd’hui.
Vous allez jouer à Geoffroy-Guichard. Comment abordez-vous ce match ?
On sait que c’est un stade mythique, avec un public énorme. Il y a des supporters de Saint-Étienne partout, même à Rodez. Mais on y va sans pression. On sait qu’à l’extérieur, on est performants. Depuis janvier, on a gagné beaucoup de matchs hors de chez nous. On va y aller pour ramener quelque chose. C’est un match à élimination directe. On les a joués il y a deux semaines, on les a battus chez nous. On sait que ce sera compliqué, mais on y croit.

Le milieu de terrain s’épanouit sous les couleurs du RAF. /
Jean Louis Bories
Comment vous sentez-vous dans le jeu, au milieu de terrain ?
Quand je suis arrivé, j’ai dû vite m’adapter. J’ai été titulaire dès mon deuxième match. Ça m’a aidé à assimiler rapidement les principes du coach. Tu es directement dans le bain, tu n’as pas le droit à l’erreur. Ça m’a permis de progresser vite et de faire une saison pleine. Je suis content de ce que j’ai produit.
Revenir à Mazamet, ça vous fait du bien ?
Oui, énormément. Je suis très attaché à Mazamet. Je suis parti à treize ans, donc je n’ai pas vraiment vécu ma jeunesse là-bas. Revenir, voir les jeunes, ça fait plaisir. Ils sont contents de voir quelqu’un du coin réussir. Et puis revoir la famille, les amis, ça permet de penser à autre chose que le foot, même si on m’en parle souvent quand on me croise.
Des liens forts avec Castres et Mazamet
Vous gardez aussi des liens avec Castres ?
Oui, bien sûr. J’ai encore des contacts avec des éducateurs. Il y a notamment Sammy Kinane, avec qui j’ai signé à Montpellier. On est toujours en lien. Je vais aussi aller à un tournoi du club. Mazamet et Castres, ce sont des clubs importants pour moi. Je n’oublie pas d’où je viens.
Regardez-vous déjà ce qui se passe en Ligue 1 ?
On commence un peu à en parler, oui. On voit les équipes possibles comme Auxerre ou Le Havre. J’ai aussi un ami à Nice, Elye Wahi, je l’ai appelé pour le chambrer. Mais on reste concentrés sur vendredi. C’est une énorme étape. Après, on verra. Chaque adversaire sera très compliqué.
Les jumeaux Correia ensemble en première division au Portugal ?
Originaires de Castres, les jumeaux Romain et Anthony Correia vivent une fin de saison exceptionnelle en D2 portugaise. Leurs clubs occupent les deux places de montée directe en Primeira Liga : le Marítimo de Romain est leader- (assuré du maintien), tandis que l’Académico Viseu d’Anthony est deuxième. À une journée de la fin, les deux défenseurs tarnais sont donc tout proches d’une accession historique simultanée dans l’élite portugaise.