Une tache rouge sous les eaux des Goudes (8e). Le 19 mars, vers trois heures du matin, un jeune conducteur a perdu le contrôle de son véhicule après avoir croisé un animal sur la route du littoral Sud, au niveau de la calanque des Trous.
Après « un mauvais réflexe de jeune conducteur », retrace son père Mathieu Trovatello, l’automobiliste emporte avec lui ses trois passagers vers le fond de la mer avant qu’ils n’arrivent à s’extraire miraculeusement de la Fiat 500 en train de couler.
Mais depuis, le véhicule attend d’être repêché. La faute aux lourdeurs de la législation, assure Mathieu Trovatello, qui a dû se justifier auprès des habitants pour expliquer la situation. « Premièrement, mon fils n’était ni drogué ni alcoolisé, comme l’attestent les constats de police et des services d’urgence. Deuxièmement, la déclaration a été faite à l’assurance. J’ai aussi réalisé un signalement auprès du Parc national des calanques. L’assurance reste sourde à mes mails et mes courriers envoyés en recommandé. Comme c’est un Parc national, il faut avoir les autorisations pour faire fermer la route, avoir l’assistance d’un plongeur, etc. », pointe-t-il. Le véhicule appartient à sa sœur, la tante du jeune conducteur.
Qui doit enlever cette voiture ?
Du côté des autorités, le mystère reste entier sur l’administration qui serait compétente pour accompagner le repêchage du véhicule. « Le préfet et le maire sont coresponsables, le premier au titre de sa compétence de gestion du domaine public maritime, le maire de Marseille au titre de ses pouvoirs de police », justifie la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Toutefois, la Ville indique que « le maire est compétent dans la ligne des 300 mètres en bord de côte, sur l’encadrement de la plaisance et de la baignade spécifiquement ».
« La laisser là où elle est »
Un précédent éclaire la situation : en mars, un bus était tombé dans les eaux de la Seyne-sur-Mer (Var), donnant lieu à une intervention de la mairie et de la Chambre de commerce et de l’industrie, concessionnaire du port varois. Si l’automobiliste était tombé dans le port des Goudes, c’est la Métropole qui aurait eu à intervenir, puisqu’elle en est gestionnaire.
Face à ce mystère qui s’amplifie, le père du conducteur attend « la réponse de l’assurance ». En parallèle, le CIQ des Goudes a entrepris « d’appeler un expert pour savoir si la peinture pourrait s’enlever et constituer un risque » pour les nageurs et la biodiversité. « On m’a assuré qu’il n’y avait aucun danger », ajoute Romain Garoute, le président du comité d’intérêt de quartier. En attendant, le véhicule posé au fond de l’eau fait toujours tache…