Ayhan Şimşek

14 Mai 2026•Mise à jour: 14 Mai 2026

AA / Berlin / Ayhan Simsek

Les personnes ayant un parcours migratoire en Allemagne rencontrent des difficultés pour trouver des logements locatifs abordables et font fréquemment face au racisme et à la discrimination lors de leur recherche, a conclu un panel d’experts dans un nouveau rapport.

Le rapport annuel du Conseil d’experts sur l’intégration et la migration (SVR) détaille comment la crise du logement en Allemagne entrave l’intégration, la participation sociale et le marché du travail national.

Le rapport a constaté que, bien que la législation allemande sur la location protège ceux qui ont des contrats de longue durée, ces mêmes régulations créent des obstacles importants pour toute personne entrant pour la première fois sur le marché. « Les migrants sont effectivement désavantagés sur le marché du logement », ont souligné les experts.

Les obstacles sociaux, ainsi que les stéréotypes et attitudes racistes, compliquent encore la recherche d’un logement, indique le rapport. Les experts ont conclu que « les immigrés, ainsi que les personnes perçues comme ayant un parcours migratoire, étaient fréquemment victimes de discrimination lors de la recherche d’un appartement, y compris pour des motifs racistes ».

Cette problématique touche même les expatriés à hauts revenus, qui citent la discrimination dans le logement comme l’une des principales raisons de vouloir quitter l’Allemagne, selon le rapport. D’autres facteurs qui désavantagent les migrants incluent le statut de résidence, les compétences linguistiques limitées et le manque de réseaux de soutien nécessaires pour naviguer sur le marché locatif compétitif allemand.

Le rapport documente que, même lorsque les migrants obtiennent un logement, leurs conditions de vie restent nettement moins favorables que celles de la population générale. En moyenne, le SVR a constaté que les migrants disposent de moins d’espace de vie par personne et vivent plus fréquemment dans des appartements surpeuplés. Les pressions financières sont également plus fortes, les migrants consacrant souvent « une part plus élevée de leurs revenus aux coûts du logement ».

Pour les demandeurs d’asile, les obligations de résidence imposées par l’État, qui attachent souvent les individus à des localités spécifiques, ont des effets « entravant l’intégration ». Le rapport indique que ces règles compliquent la recherche d’emplois appropriés ou de formations de qualité, notamment dans les régions économiquement moins favorisées.

*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz