Par

Maxence Gorregues

Publié le

14 mai 2026 à 17h25

Journaliste indépendant, collaborant pour Eurosport et France Football, après être passé par les rédactions d’Actu et des études à Caen (Calvados), Clément Lemaître vient de publier en ce mois de mai 2026, un livre consacré à l’épopée des footballeurs du Paris Saint-Germain en coupe d’Europe, le 9 mai 1996. Interview.

D’Ngotty à Nagui

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre sur le 30e anniversaire de la première victoire du Paris-Saint-Germain en Coupe d’Europe ?

C’est l’occasion de rappeler que le Paris-Saint-Germain était déjà un grand club dans les années 90. Entre 1993 et 1997, les Parisiens ont disputé cinq demi-finales européennes de suite. Ce qui n’est quand même pas rien. A l’époque le PSG est premier au classement de l’UEFA. C’est l’ère Michel Denisot à la tête du club entre 1991 et 1998, avec un palmarès impressionnant : une coupe d’Europe, un championnat de France, deux coupes de France, deux coupes de la Ligue et une finale perdue en coupe des coupes contre le Barça. Excusez du peu. Avant Zlatan Ibrahimovic, le Paris-Saint-Germain existait déjà ! Les années 90 au Paris-Saint-Germain m’ont vraiment marqué.

Comment s’articule le livre ?

Il retrace la formidable épopée de 1996 en coupe des coupes. Cela commence par le début du parcours jusqu’à la finale gagnée contre le Rapid Vienne à Bruxelles, le 8 mai 1996, sur le score de 1 à 0 avec un but de Ngotty. Ce livre m’a demandé six mois de travail. J’ai interviewé de nombreux joueurs. Des personnalités, aussi, qui m’ont raconté ce qu’ils faisaient le 8 mai 1996, jour de la finale. Comme Nagui, par exemple.

Incontournable Luis Fermandez

Il y a aussi des sujets transversaux comme ce grand portrait du coach de l’époque Luis Fernandez, figure emblématique du club de la capitale ?

Ses anciens joueurs l’évoquent et c’est très intéressant. Il y a aussi une plongée dans la folie du Parc des Princes des années 90. Déjà un véritable chaudron.

Qu’a apporté l’arrivée de Canal Plus ?

Même si cela n’a rien à voir avec le Paris-Saint-Germain d’aujourd’hui, l’arrivée de Canal a métamorphosé le club et lui a donné une autre dimension.

Vous évoquez aussi des légendes, des joueurs qui ont marqué le club ?

Comme Raï qui partage sa vie entre Paris et le Brésil. Je l’ai rencontré, il est très sympathique, très humble, et dégage de bonnes ondes. Il est le petit frère de Socrates, un joueur qui a marqué le football brésilien dans les années 80 et qui est devenu médecin. Pour moi et pour beaucoup, c’est une des légendes du Paris-Saint-Germain, alors que son arrivée dans la capitale en 1993 ne se passe pas sous les meilleurs auspices. Très ouvert d’esprit, il a aussi une très grande force de caractère.

Noah en préparateur mental

S’il fallait retenir un joueur de cette époque ?

Incontestablement Youri Djorkaeff. Au cours de la saison 1995-1996, il a marqué 20 buts, toutes compétitions confondues. Il a marqué éternellement les supporters parisiens. N’oublions pas que deux ans plus tard il devenait champion du monde.

Vous évoquez aussi l’arrivée de Yannick Noah, devenu pour l’occasion un préparateur mental ?

Avant la finale, Michel Denisot avez eu l’idée de le faire venir à Hendaye où le staff et l’équipe se sont retrouvés. Alors qu’en décembre le club avait une confortable avance de dix points, la fin de saison a été pour le moins compliquée. L’arrivée de Yannick Noah a dédramatisé la situation. Son arrivée a été un moment fédérateur. Même si Luis Fernandez ne l’a pas trop bien vécu. Il avait d’ailleurs dit à Michel Denisot, si Yannick Noah rentre dans le vestiaire, je pars ! Francis Llacer, un ancien joueur du PSG avait d’ailleurs dit : Yannick est capable de te sublimer. Tu as l’impression que tu vas être le meilleur du monde, même si ce n’est pas le cas.

Quel est votre avis sur le Paris-Saint-Germain version 2026, qui 30 ans après pour obtenir fin mai un nouveau titre européen face à Arsenal ?

Ce qu’ils font encore cette année est extraordinaire. Tous les joueurs se mettent au service du collectif. La vedette ce n’est pas un joueur, c’est l’équipe.

De notre correspondant Frédéric Leterreux

Pratique. PSG 1996 Premier sacre européen, par Clément Lemaître, aux éditions Amphora. 160 pages. 19,95 euros.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.