Trois jours après avoir sorti le Red Star de la course à la Ligue 1 (2-3), les Ruthénois ont rendez-vous vendredi 15 mai à 20 h 30 pour un défi encore plus grand : battre Saint-Étienne à Geoffroy-Guichard ! Ici même où ils avaient échoué il y a deux ans. S’ils y parviennent, ils ne seront plus qu’à une marche de la première division.

Des visages détendus et un Loni Laurent chambreur à l’arrivée de ses coéquipiers sur le pré. Si les Ruthénois étaient nerveux à l’approche du déplacement le plus important et prestigieux de la saison, ils l’ont particulièrement bien caché jeudi matin lors de la dernière séance d’entraînement de la semaine à Vabre. Mais ces sang et or, forts d’une impressionnante série d’invincibilité de 21 rencontres, semblent être faits d’un autre bois, pour le plus grand bonheur de leurs supporters qui étaient une vingtaine à venir les applaudir lors de cette ultime session de préparation, malgré la pluie.

« On peut montrer une image encore meilleure qu’il y a deux ans »

Deux ans après avoir échoué au 2e tour des play-offs, déjà sur la pelouse de Geoffroy-Guichard (2-0), les Aveyronnais entendent bien cette fois arracher leur ticket pour la dernière marche vers la Ligue 1, avec une double confrontation face au 16e de l’élite. « C’est un match couperet, qui est différent de tous les autres. C’est un match qui va amener l’une des deux équipes sur un match aller-retour, ce qui serait encore une nouvelle aventure. On n’en a encore jamais vécu. Il faut faire notre football, jouer notre va-tout, mettre de la passion, se servir de l’ambiance exceptionnelle de ce stade et montrer encore une très belle image. Il y a deux ans, on en avait montré une très, très belle. Je pense qu’on peut en montrer une encore meilleure », estime l’entraîneur Didier Santini.

Si ses hommes comptent visiter des hauteurs pour l’instant inconnues, ceux-ci devront afficher une meilleure fraîcheur physique et mentale qu’en 2024. Ce qui ne sera évidemment pas facile pour les tombeurs du Red Star, sur la pelouse de Bauer mardi au terme d’un match à rebondissements (2-3). Mais lors de leur première campagne, l’enchaînement semblait encore plus dur à gérer. « J’ai revu les images contre le Paris FC (2-2, 3-2 tab), on avait bouffé beaucoup, beaucoup d’énergie, après cette victoire aux tirs au but. Là, j’ai demandé aux joueurs d’aller voir les supporters, mais de rester le plus calmes possibles. Avec l’adrénaline, tu viens de faire 90 minutes et tu ne t’aperçois pas que tu es en train de vraiment bouffer des réserves, alors qu’il fallait tout de suite commencer la récup’ », avance le technicien. « Ils sont jeunes, ils récupèrent vite. Moi je ne pourrais pas jouer, je suis vraiment trop fatigué », ajoute-t-il dans un rire.

Alors que les Verts ont une énorme pression avant leur réception de vendredi soir devant 42 000 supporters, eux qui ne visaient rien d’autre que la montée en début de saison, la donne est différente pour des Ruthénois plutôt attendus à la lutte pour le maintien. Mais pour autant, au club et parmi les suiveurs, on définit beaucoup moins ce déplacement dans le Forez comme un match bonus après une saison réussie. Non, en mai 2026, le Piton croit plus que jamais en ses chances déjà de barrage face à la formation de l’élite, mais aussi pourquoi pas de Ligue 1 ! Cela passe par diverses étapes. Déjà par des victoires à Annecy, lors de la dernière journée régulière, et au Red Star, pour le premier play-off. Mais ça, c’est fait. Alors, maintenant, place à Saint-Étienne ! Avec une confiance plus importante que jamais :  » On est capable de battre n’importe qui, les joueurs l’ont prouvé. Les 21 matches (sans défaite) ne sont pas anodins. Ça nous donne de la confiance et même dans les mauvais moments, on sait qu’on peut revenir. » Ses protégés l’ont d’ailleurs fait par deux fois mardi, en revenant de 1-0, puis de 2-1, avant de renverser complètement le sort de cette partie dans l’antre du Red Star, par des buts de Mathis Magnin et de Wilitty Younoussa en trois minutes.

Ce Rodez démontre semaine après semaine qu’il est capable de tout. Au point de se payer la tête de l’ASSE, à Geoffroy-Guichard, devant l’ambiance la plus chaude de la division ? Nul ne le sait encore ce jeudi soir. Mais en venant à bout de cette même équipe il y a deux semaines à Paul-Lignon (2-1), les coéquipiers du capitaine Raphaël Lipinski ont prouvé qu’ils en avaient vraiment les moyens. Tout Rodez n’attend qu’une chose : que l’aventure continue, avec un barrage aller prévu en Aveyron face au 16e de Ligue 1. Histoire de tutoyer encore un peu plus les sommets !