« La nature, notre expertise, votre santé ». Dans un marché de la santé naturelle en forte croissance et de plus en plus concurrentiel, Arkopharma, laboratoire pharmaceutique basé à Carros et spécialisé dans la phytothérapie, les médicaments naturels et les compléments alimentaires, vient de dévoiler ses nouvelles signature et identité visuelle. Une façon pour l’Azuréen qui maîtrise la chaîne complète, de la plante au produit fini, de réaffirmer son identité historique et de renforcer sa crédibilité scientifique auprès des consommateurs et des pharmaciens. Le laboratoire revendique une légitimité scientifique et industrielle forte, ancrée dans la production française. Les explications de Christophe Mossé, directeur général, et d’Aurélie Guyoux, directrice R&D.
Pourquoi avoir choisi « La nature, notre expertise, votre santé » comme nouvelle signature ?
Christophe Mossé. On revient à nos fondamentaux : ceux d’une entreprise médicale qui a une mission de santé publique. On a développé une approche mêlant rigueur scientifique, innovation industrielle et intelligence du végétal pour transformer la plante en une solution fiable, durable, ayant un impact positif sur la santé, c’est ce qu’on appelle la phytothérapie de précision. Il s’agit de s’éloigner d’une image « remède de grand-mère » pour revendiquer une approche scientifique et mesurée. La nature et la science ne s’opposent pas. Elles se complètent et se renforcent. Chez Arkopharma, on croit en une démarche où la prévention préserve une bonne santé et retarde l’apparition des déséquilibres. Notre spécialité, c’est la plante et notre objectif, c’est de l’utiliser pour faire du bien en apportant une réponse aux grandes problématiques contemporaines : santé mentale, troubles du sommeil, anxiété, obésité, longévité, santé de la femme… 30 millions de produits Arkopharma sont vendus par an.
Aurélie Guyoux. On considère que la nature est un laboratoire à ciel ouvert et on s’intéresse aux phytoactifs, à leur concentration optimale, à leur stabilité et à leur interaction avec les mécanismes biologiques humains. Nous travaillons avec une centaine de plantes dont près de la moitié en approvisionnement direct avec des agriculteurs, en France comme à l’international. Nous sélectionnons chaque espèce au moment où elle est la plus active et contrôlons chaque étape, de la récolte à la formulation. On utilise des technologies que nous avons développées et des procédés d’extraction brevetés comme le cryobroyage [à -60 ° qui limite la dégradation thermique lors de la transformation végétale, ndlr] pour élaborer des formules à l’efficacité optimale. On a aussi lancé mi-2023 un programme d’indoor farming. Il n’a pas pour but de remplacer les producteurs mais de comprendre comment réagissent les plantes face au changement climatique et l’appauvrissement des sols… On a déjà sélectionné six plantes médicinales qui sont les plus à risques et on apprend à les cultiver hors sol.

Christophe Mossé et Aurélie Guyoux, respectivement directeur général et directrice de la R&D d’Arkopharma.
Arkopharma
Quels sont vos axes de développement ?
Ch.M. On en a identifié quatre avec notre actionnaire, le groupe allemand Dermapharm [lire par ailleurs]. Le premier a été de retravailler l’identité de notre marque, la gamme de produits en France et en Europe où l’on a des filiales. Et de nous recentrer sur le BtoB et celui qui nous prescrit, le pharmacien, dont nous nous étions un peu éloignés ces dernières années. On réaffirme sa place centrale dans cette approche personnalisée de la santé au naturel. On a recruté une trentaine de formateurs ces derniers mois qui vont sur le terrain à la rencontre des équipes des 20 000 officines où nous sommes référencés. On les reçoit aussi à Carros pour une formation approfondie de quinze jours sur l’ensemble de nos 1 400 produits répartis dans 25 thématiques. Cette politique porte déjà ses fruits car on avait perdu un peu de terrain suite aux changements capitalistiques et on se redresse en termes de parts de marché. Les officines qui bénéficient de ce dispositif ont aussi fait des croissances supérieures à celles du marché. Le deuxième axe est l’international en s’appuyant Dermapharm pour développer des synergies géographiques en Europe centrale et orientale et en faisant des opérations de croissance externe.
Le troisième levier est la RSE. On est notamment membre fondateur du consortium Green Impact Index qui calcule et affiche l’impact environnemental et sociétal des produits cosmétiques, compléments alimentaires et autres produits de bien-être et de santé familiale. Enfin, on optimise notre budget, ce qui passe par la révision de nos process, la modernisation des machines… pour mettre plus rapidement des produits sur le marché.

Votre actionnaire vous laisse-t-il carte blanche ?
Ch. M. Notre atout est d’appartenir à un groupe pharmaceutique et industriel qui a l’habitude de faire de la croissance externe et de gérer une constellation d’entreprises. On est relativement autonome pour nous développer. Notre force est d’avoir le site de Carros qui concentre R&D et production. Cette intégration verticale en France est rare dans l’univers du complément alimentaire où beaucoup d’acteurs sous-traitent tout ou partie de leur fabrication.
Quelles sont les grandes tendances sur le marché des compléments alimentaires ?
A. G. Le segment du stress et de l’anxiété est en très forte croissance mais aussi tout ce qui touche à la fertilité et la minceur, non pas pour mincir à tout prix mais pour le bien-vieillir et éviter les problèmes métaboliques. On est en train de lancer une gamme autour de la longévité ; la production vient de commencer. Il y a également des tendances dans les galéniques. Chaque pays a ses préférences mais en ce moment, on note en Europe une forte percée des poudres. On travaille sur les sticks en alternatives aux ampoules et aux mini-doses et mini-distributeurs. On profite de l’écosystème d’innovation tout, autour de nous ; on est en relation avec le CHU de Nice, le CNRS à Sophia Antipolis, l’Inrae, le Centre Ressource à Aix…
Comment l’IA vous aide-t-elle dans votre R&D ?
A. G. On a 120 projets en cours de développement ; on en a sorti 25 l’an dernier et on devrait en commercialiser 45 cette année et plus de 50 en 2027. L’IA est complètement adoptée par nos équipes et sa puissance de calcul et d’analyse nous aide notamment à identifier les molécules d’intérêt au sein des plantes et à créer des connexions avec l’humain.
Arkopharma en bref
Fondé à Carros en 1980 par le Dr Max Rombi, Arkopharma est devenu un acteur historique de la phytothérapie en inscrivant dans son ADN une conviction forte : la créativité scientifique permet d’activer pleinement les bénéfices des actifs naturels. Racheté en 2014 par le fonds d’investissement Montagu Private Equity, le laboratoire a été cédé début 2023 au groupe allemand Dermapharm, fabricant de médicament de marque et de produits de santé au chiffre d’affaires avoisinant le milliard d’euros.
Présent dans plus de 40 pays via des filiales ou des distributeurs, Arkopharma se positionne comme le leader européen des médicaments de phytothérapie et des compléments alimentaires. Avec 900 collaborateurs et un chiffre d’affaires consolidé de 200 millions d’euros (55 % réalisés en France ; 85 % en Europe), l’Azuréen dédie 8,5 % de son effectif à la R & D.