Au début du mois de mai, sept personnes, soupçonnées d’avoir détourné 3,5 millions d’euros à l’Assurance-maladie, ont été placées en garde à vue en Île-de-France dans le cadre d’une enquête menée par l’Office central de lutte contre le travail illégal, selon les informations de la Cellule investigation de Radio France. Les suspects ont été interpellés dans le cadre du démantèlement d’un vaste trafic de faux arrêts de travail de longue durée (100 jours).
Pour parvenir à leurs fins, les escrocs utilisaient le réseau social Snapchat. « Remboursement indemnités journalières entre 4 000 et 8 000 euros, on se charge de tout en seulement deux semaines ! », pouvait-on lire. Pour profiter de cette arnaque, les conditions étaient de « ne pas être au RSA, de ne pas être auto-entrepreneur et de ne pas avoir eu d’arrêt de travail durant les trois derniers mois ». En Seine-Saint-Denis, ils sont près de 1 200 à avoir succombé à cette escroquerie.
Des poursuites peuvent être engagées contre les assurés
« Les escrocs fournissaient aux assurés un faux arrêt de travail et une fausse attestation de salaire à envoyer à l’Assurance-maladie », précise le général José Montull, chef de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Les sept suspects proposaient de fournir un « kit » pour percevoir des indemnités journalières indues de la part de l’Assurance-maladie en échange de 60 % de ces dernières. Pour l’heure, aucune complicité n’a été établie parmi les médecins, les identités des praticiens qui ont signé les arrêts de travail fictifs.
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Auprès de la Cellule investigation de Radio France, l’Assurance-maladie affirme que « désormais, les formulaires papier non sécurisés présentés sont rejetés ». « Les assurés qui profiteraient de ces arrêts risquent désormais des pénalités financières pouvant aller jusqu’à 3 fois le montant du préjudice financier. Des poursuites judiciaires peuvent également être engagées », poursuit l’organisme.