La jeune femme avait dénoncé des faits d »agression sexuelle » qui se seraient déroulés en juillet 2019, alors que le chanteur était en concert dans les Pyrénées-Orientales. Le dossier avait finalement été classé sans suite. Elle vient de déposer une nouvelle plainte ce mardi 12 mai 2026 auprès du parquet de Nanterre.
Cette jeune Perpignanaise était la deuxième à avoir déposé plainte contre le chanteur Patrick Bruel. Et, comme de nombreuses autres femmes aujourd’hui, elle ne compte vraisemblablement pas lâcher l’affaire.
En octobre 2019, cette esthéticienne de 29 ans avait décidé de sortir du silence. Après avoir pris connaissance de la procédure engagée quelques semaines plus tôt par une masseuse d’Ajaccio qui aurait subi des agissements similaires de la part de la star, elle se présente au commissariat de Perpignan et dépose contre le chanteur pour « agression sexuelle » doublée d’un harcèlement de même nature.
Elle raconte alors que les faits remontent au 7 juillet précédent. Ce week-end-là, Patrick Bruel est à l’affiche du festival Les Déferlantes à Valmy. Il est descendu avec son staff dans un hôtel quatre étoiles de Perpignan où la plaignante est employée à l’espace SPA. Il l’aurait invitée en VIP pour son concert le samedi et aurait réservé un massage pour le lendemain. C’est lors de cette séance de 45 minutes que le chanteur aurait montré un comportement plus qu’inapproprié, aurait eu des gestes déplacés et lui aurait fait des demandes salaces de manière insistante. Comme révélé par L’Indépendant à cette époque, une enquête avait été ouverte par le procureur de Perpignan, puis le parquet de Nanterre s’était saisi du dossier. Or, en septembre 2021, la plainte des Pyrénées-Orientales comme celle de Corse du Sud avaient été classées sans suite « en l’absence d’élément permettant de caractériser une infraction pénale ».
Sans pour autant mettre un point final à l’histoire. Au fur et à mesure des révélations, les langues se sont déliées. S’il bénéficie de la présomption d’innocence, Patrick Bruel serait visé à ce jour par les accusations d’au moins une vingtaine de femmes. Autant de témoignages qui auraient incité la jeune Perpignanaise et une autre plaignante à relancer la machine judiciaire comme le dévoile Médiapart. Selon nos confrères, ces dernières auraient, ce mardi 12 mai, déposé deux nouvelles plaintes avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction de Nanterre afin que de nouvelles investigations soient menées.
« Un mélange de peur, de stress et de sidération »
Dans une vidéo face caméra, l’esthéticienne catalane raconte que, le jour des faits, le chanteur l’aurait attendu nu dans la salle de massage, aurait laissé glisser sa serviette à plusieurs reprises au cours de la séance tout en lui mettant « les mains aux fesses ». « Il était très oppressant et tout le long du massage il souhaitait des prestations sexuelles. Plus particulièrement des massages au niveau de son anus, il le disait clairement. Je lui ai dit que ça n’était pas mon travail et il m’a répondu en me disant : plus tu vas me résister plus ça va m’exciter. », affirme-t-elle, décrivant « un enfer » dans « un mélange de peur, de stress et de sidération ».
Après le départ de l’artiste, elle se serait confiée à ses collègues et à ses parents. « Pour moi, ça a été un choc, il y a eu un impact autant professionnel que personnel. Mon corps m’a lâché, mon mental aussi », ajoute-t-elle. Expliquant que tout s’est effondré une nouvelle fois lors du classement sans suite, la contraignant à un arrêt de travail de deux ans.
En 2019, les avocats de Patrick Bruel, Mes Karine Bourdié et Hervé Termine, démentaient formellement toutes les accusations et précisaient à L’Indépendant : « Tout ce qui est évoqué ne correspond absolument pas à la réalité, ni aux principes, ni au comportement de notre client ». Sur la même ligne, le conseil du chanteur Me Patrick Ingrain martèle que son client n’a « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel » et « affirme n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel. »
Contactée ce jeudi, l’avocate de la plaignante perpignanaise, Me Iris Bielher, n’a pas donné suite à nos sollicitations.