
Cette capture d’écran montre une douille vide gisant au sol sur les lieux d’une fusillade à Nantes, en Loire-Atlantique, le 14 mai 2026 ( AFP / – )
Un adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir à Nantes dans une fusillade sur fond de narcotrafic qui a fait deux autres blessés mineurs dont un garçon de 13 ans entre la vie et la mort.
Les tirs ont eu lieu vers 19h30 dans un immeuble d’un quartier populaire du nord de la ville et les auteurs présumés des coups de feu, venus sur un deux roues, ont pris la fuite, selon des sources concordantes proches de l’enquête.
L’adolescent décédé a été abattu dans le hall de l’immeuble et les tireurs ont poursuivi l’un des deux autres garçons jusqu’au 13e étage où il s’était réfugié dans un appartement, a fait savoir une source policière sur place.
Le procureur de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le décès d’un jeune de 15 ans. Les deux blessés ont été hospitalisés. Celui âgé de 13 ans a son « pronostic vital très engagé », a-t-il précisé. Le deuxième, âgé de 14 ans, est moins gravement touché et son pronostic vital n’est pas engagé.
– « Règlement de compte » –
« Des coups de feu ont été tirés sur (les) trois jeunes hommes », a précisé le magistrat, évoquant « un règlement de compte en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants ».
Le quartier populaire de Port-Boyer, hérissé de barres d’immeubles construites au bord d’une rivière, l’Erdre, était quadrillé jeudi soir par les forces de police et de nombreux habitants étaient rassemblés dehors, sous le choc, a constaté une journaliste de l’AFP.
Installée à bord d’une voiture, la mère d’une des victimes criait de désespoir.
« C’est choquant, je n’ai même pas les mots. C’est un ras-le-bol total », a déclaré à l’AFP Paola, une tante de l’adolescent décédé. « Il faut faire davantage » pour la sécurité « parce que ce n’est pas normal que des jeunes puissent perdre la vie dans de telles conditions. C’est inadmissible, tout simplement inadmissible. Ce sont des enfants », a-t-elle confié, très émue.
– « Emotion immense » –
« Nantes est endeuillée par l’insupportable mort d’un adolescent », a réagi la maire, Johanna Rolland, qui s’est rapidement rendue sur place. Dénonçant le « narcotrafic qui gangrène le pays », elle a souligné la « détresse » et « l’émotion immense » des habitants de ce quartier déjà touché fin avril par une fusillade mortelle.
« Tous les moyens de police et de justice doivent être mis en œuvre pour interpeller et condamner les auteurs de ce meurtre », a-t-elle ajouté.

Cette capture d’écran montre des experts de la police scientifique sur les lieux d’une fusillade à Nantes, en Loire-Atlantique, le 14 mai 2026 ( AFP / – )
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu sur place vendredi matin.
Stella, 35 ans, une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) en recherche d’emploi, a vu son fils de trois ans échapper de peu à la fusillade et son neveu de 14 ans a été hospitalisé après avoir été touché à la cuisse.
« Ils étaient ensemble pour aller chez leur grand mère. J’étais à la maison quand c’est arrivé, c’est un policier qui m’a appelé pour me ramener mon fils et m’annoncer que mon neveu était blessé », a-t-elle témoigné, tenant fort la main de son petit garçon au pantalon taché de sang.
« Je suis comme dans un cauchemar et en colère car j’ai failli perdre mon fils », a-t-elle ajouté.
– « Des gens cagoulés » –
« On sortait des courses avec ma mère et mon chien. On a entendu des tirs – une dizaine, à deux reprises – et j’ai tiré ma mère par le col pour rentrer dans notre tour. J’ai juste vu beaucoup de monde, des gens cagoulés et habillés tout en noir, qui couraient dans l’herbe », raconte Angeline, une prothésiste ongulaire de 18 ans.

Cette capture d’écran montre des policiers sur les lieux d’une fusillade à Nantes, en Loire-Atlantique, le 14 mai 2026 ( AFP / – )
« Depuis 15 ans ça n’a cessé de se dégrader ici. Les gens ont peur, les fusillades sont fréquentes, lance-t-elle. La dernière fois c’était dimanche dernier à 16h. L’après-midi, les parcs pour enfants sont déserts car les parents ont trop peur ».
Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier, des violences potentiellement liées au narcotrafic, avait alors indiqué le procureur de Nantes. Les deux victimes, connues de la justice, avaient été prises pour cibles par un tireur muni d’un pistolet, qui s’était enfui.