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Au quartier de la Marqueille, les riverains sont exaspérés alors que le mystère plane toujours sur les pannes électriques qui leur polluent la vie. Certains appareils électroménagers comme les réfrigérateurs ont été endommagés et des familles n’osent même plus quitter longtemps leur maison…
Depuis le 17 février à Balma, la résidence « Les Jardins du Mail » vit au rythme saccadé des disjoncteurs différentiels qui sautent. Un phénomène persistant qui touche au moins une cinquantaine de foyers dans le quartier de la Marqueille et transforme le quotidien en source de stress permanent.
« Cela fait 24 ans que j’habite ici, et je n’avais jamais vu ça », témoigne une résidente. Pour Michèle, les conséquences ont été immédiates : « J’ai été obligée de changer mon réfrigérateur qui a été endommagé à cause d’une de ces coupures ». Corinne, elle, raconte la panne définitive de la pompe à chaleur de sa mère : « On a dû installer un chauffage d’appoint, très énergivore. La facture a explosé pendant l’hiver ».
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La sécurité qui inquiète
Au-delà des appareils, c’est la sécurité qui inquiète. Une habitante dépend d’un appareil contre l’apnée du sommeil, une autre de sa téléassistance : « Le dispositif ne marche plus quand la box internet n’est plus alimentée ». Philippe exprime une angoisse nouvelle : « On n’ose plus partir en week-end. Si le congélateur s’arrête, on perd tout ».
Face à l’impuissance des électriciens privés, qui ne trouvent aucune faille, le maire Vincent Terrail-Novès s’est emparé du dossier. Bien que la municipalité ne soit pas en cause techniquement, l’élu ne cache pas son agacement : « J’ai appelé le directeur territorial d’Enedis. Je me mets à la place de ces habitants qui ne peuvent plus quitter leur logement sans crainte, par peur d’une panne de chauffage ou de réfrigérateur ». L’édile a exigé la mise en place d’un numéro dédié et d’une information transparente auprès des riverains.
Une situation complexe
Enedis admet la difficulté : les déclenchements se produisent en aval du compteur, dans la partie privée des installations, sur laquelle le distributeur n’a pas la main directement. Malgré l’envoi d’un camion-laboratoire et la pose d’enregistreurs fin avril, le mystère reste entier. « Une nouvelle phase d’analyse est engagée. L’exploitation des données en cours permettra d’orienter précisément les prochaines actions, qui pourront inclure de nouvelles campagnes de mesures ou des adaptations du schéma d’alimentation électrique du secteur afin d’identifier précisément l’origine des déclenchements », indique Enedis, qui prévoit prochainement une réunion d’échange avec les habitants.
En attendant, à la Marqueille, chaque « clic » du disjoncteur continue de résonner comme une menace.