Face à l’intensification des épisodes de sécheresse, l’agriculture méditerranéenne est contrainte de se réinventer.

Dans les Bouches-du-Rhône, l’association Agribio 13 accompagne les agriculteurs biologiques dans la diversification de leurs productions, en explorant des cultures encore peu développées, mais à la fois économiquement prometteuses et mieux adaptées à un climat plus chaud et plus aride.

Une expérimentation empirique et collective

Le dispositif s’articule autour de trois cultures principales : la réglisse, le figuier de Barbarie et le pitaya (fruit du dragon). La réglisse répond à une forte demande industrielle, le pitaya cible un marché à forte valeur ajoutée, et le figuier de Barbarie séduit par ses faibles besoins en eau et ses débouchés variés. Ces trois plantes n’avaient jusqu’à présent jamais fait l’objet d’étude sur le sol hexagonal. Aujourd’hui, une dizaine d’exploitants participent aux essais, chacun testant une culture dans ses propres conditions.

Cette approche « d’expérimentation au champ » permet : d’observer les comportements des cultures en conditions réelles ; d’adapter les méthodes de culture à différents sols et climats ; de produire des références concrètes pour les agriculteurs.

Lancée en 2023, l’expérimentation est toujours en cours : « à ce stade, les apports hydriques varient selon les cultures. Pour la réglisse, l’irrigation gravitaire – qui utilise la pente naturelle du terrain pour acheminer l’eau des cours d’eau sans recours à un système de pompage – ne permet pas de quantifier précisément les volumes apportés. Seule la fréquence des apports est connue : la parcelle est irriguée une à deux fois sur l’ensemble de la période de culture. Le figuier de Barbarie est cultivé en sec. La sobriété en eau du pitaya reste quant à elle à démontrer » explique Florence Poncelet, coordinatrice de l’association Agribio 13.

Mais des outils de suivi vont être déployés avec le soutien financier de l’Agence de l’eau et de la Compagnie Nationale du Rhône afin d’affiner ces données. Des sondes vont pouvoir mesurer en continu l’humidité du sol et les besoins des plantes, afin d’optimiser l’irrigation au goutte-à-goutte pour n’apporter que la quantité d’eau strictement nécessaire. Dans d’autres contextes, ces techniques d’irrigation ont déjà permis de réduire les apports en eau de moitié à deux tiers. « Nous attendons encore les premiers résultats pour alimenter la littérature en France, mais ces plantes sont, de toute évidence, moins gourmandes que les cultures traditionnelles », précise Camille Fourrier, chargée de mission « Nouvelles cultures » au sein de l’association.

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SOURCE : ADEME INFOS.