l’essentiel
Cette rhumatologue, qui a rejoint En Marche dès 2016, a été nommée ministre de la Santé par Sébastien Lecornu. Discrète jusqu’ici, elle anime désormais des réunions de crise et des conférences de presse.
Stéphanie Rist n’est pas Catherine Vautrin. Alors que la ministre de la Défense a été réduite au silence dès les premiers jours de la guerre contre l’Iran, forcée de laisser la place à plus capé qu’elle, depuis le début de la crise de l’hantavirus, la ministre de la Santé est omniprésente. À l’Assemblée pour répondre aux Questions d’actualité (QAG), derrière son pupitre lors des conférences de presse régulièrement organisées depuis le débarquement des passagers français, au journal de 20 h de France 2… « Mes parents m’ont dit : Tu ne te rends pas compte ce que ça représente pour nous de te voir au 20 Heures, avec Delahousse ! » a-t-elle confié au Parisien. Sébastien Lecornu la laisse en effet prendre la lumière et le leadership.
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Rien ne prédestinait Stéphanie Rist à une carrière politique mais « quand on travaille, on peut avancer et avoir ce qu’on veut dans la vie », assurait-elle en octobre à la radio. Malgré une légère dyslexie qui sera diagnostiquée tardivement, elle sort diplômée en rhumatologie de la faculté de médecine de Tours. Elle commence sa carrière à Colombes dans les Hauts-de-Seine puis direction Orléans où elle est nommée cheffe de service puis cheffe de pôle. Mais un petit détour par Sciences Po Paris trahit une envie d’aller plus loin. En 2026, Stéphanie Rist intègre En Marche, le mouvement créé par Emmanuel Macron dans le cadre de sa campagne présidentielle. Quelques mois plus tard, elle est élue députée de la première circonscription du Loiret. Stéphanie Rist fait donc partie de ces marcheurs novices en politique qui entrent en masse au Palais-Bourbon où ils vont casser les anciens codes.
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À l’Assemblée, la députée se fait rapidement une place. Réélue au début du second quinquennat, elle est choisie début 2023 comme rapporteure générale du projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale 2023 qui recule l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Fin 2024, Stéphanie Rist rejette une première fois l’invitation de Michel Barnier d’entrer au gouvernement mais elle accepte finalement la proposition de Sébastien Lecornu en octobre 2025. « Le Premier ministre m’a appelée ce week-end et m’a demandé de devenir ministre. Dans ces moments très compliqués, j’ai accepté sans me poser de questions. On verra bien le temps que cela durera », se confie la nouvelle ministre auprès de nos confrères de La République du Centre.
« Tu dois avoir une petite dyslexie »
Très vite, elle communique sur sa dyslexie afin d’expliquer son élocution parfois peu fluide. « Les mots sont mis difficilement les uns après les autres. Ça s’embrouille un peu dans ma tête pour que ça sorte. Ça donne des difficultés scolaires. Je m’en suis rendue compte très récemment parce que je n’arrivais pas à lire une affiche. Quelqu’un m’a dit : ‘Tu dois avoir une petite dyslexie‘. », raconte-t-elle sur France Info. Mais elle ajoute : « En tant que ministre, ça me donne un peu d’humilité, c’est pas mal en ces temps. Mais ça demande beaucoup de travail et beaucoup de confiance. »
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Du travail et de la confiance, elle va devoir en faire preuve rapidement car deux mois après sa nomination elle se retrouve au banc des ministres à l’Assemblée pour défendre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Sa prestation ne fait pourtant pas l’unanimité. « Ses prises de parole ont manqué de puissance », assure alors au Monde un représentant des médecins libéraux. Parmi les parlementaires, on parle d’une ministre « un peu en retrait », « effacée », « qui n’est pas allée au clash ». Un baptême du feu un peu rude mais qui lui sera utile pour affronter les critiques si la crise de l’hantavirus venait à s’aggraver.