La commune justifie cette décision par le refus de la communauté pédagogique et des parents de poursuivre l’expérience. Essentiellement « par lassitude ».
La commune faisait partie des rares villes ayant choisi d’expérimenter, dès la rentrée scolaire 2024-2025, le port de l’uniforme dans leurs écoles. Pérols a décidé de ne pas aller plus loin et de la stopper dès la fin de l’actuelle année scolaire, dans quelques semaines. « On suit le souhait du corps enseignant et des parents », explique Malik Hamel, directeur de cabinet du maire de Pérols.
Il y a quelques jours, la commune a interrogé le corps enseignant de ses deux écoles ainsi que les parents d’élèves afin de connaître leur position quant à une éventuelle pérennisation de l’expérimentation. « Ils n’y sont plus favorables, précise Malik Hamel, nous l’arrêterons donc à la fin de l’année scolaire ». S’il reconnaît que le corps enseignant n’y était pas franchement favorable, contrairement aux directeurs des écoles qui y étaient plutôt favorables, les parents, eux, sont plus partagés. « C’est du 55 % contre, 45 % ».
« Le sentiment d’appartenance s’est atténué »
La position des parents a d’ailleurs été très partagée dès le début de l’expérimentation, en 2024. « La première année, sur nos deux écoles, une seule avait fait le choix de l’uniforme. Puis, ce fut ensuite les deux écoles la seconde année ». Même les élèves y étaient favorables. « La première année, les enfants y trouvaient une forme d’identité, un signe d’appartenance à leur école », observe le directeur de cabinet de Jean-Pierre Rico. Puis, l’enthousiasme semblait s’être estompé.
« Plus personne n’y voyait un intérêt, le sentiment d’appartenance a fini par s’atténuer ». La lassitude est présentée comme la principale raison, « plus qu’une histoire de moyens financiers, puisque la commune prenait en charge le coût des vêtements ». « C’est devenu moins pratique pour les parents, explique Malik Hamel. En fin d’année, les vêtements ont eu tendance à se dégrader, ils ont été surutilisés ». Pour les élèves aussi l’option uniforme d’école est devenue pesante.
Les parents d’élèves partagés
« Les enfants ont envie de s’habiller différemment au bout d’un moment. À cet âge-là, la façon de s’habiller construit l’identité d’un enfant », note le directeur de cabinet, qui a géré l’expérimentation depuis ses débuts et a ainsi pu analyser les retombées et les réactions. Il rappelle qu’à l’origine, il y avait « une volonté politique ». Le choix de s’engager dans l’expérimentation proposée par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, était le fait de « communes politiquement favorables à cette initiative ».
Cette année, cette dernière a coûté 90 000 euros à la commune de Pérols pour habiller les 400 écoliers des deux groupes scolaires, « malgré beaucoup de difficultés à trouver des fournisseurs correspondant à ce que l’on voulait en matière d’uniformes ». À la prochaine rentrée de septembre, chacun des élèves pourra retrouver le plaisir de la personnalisation de ses vêtements. L’uniforme, lui, aura été un éphémère moment d’égalité scolaire, comme le souhaitait à l’origine le ministre.
À noter qu’à La Grande-Motte, l’autre commune de l’Hérault expérimentant l’uniforme, la tendance y est plus favorable. « Nous avons interrogé récemment les parents, commente Stéphan Rossignol, son maire, les deux tiers y sont favorables ». C’est « le signe que c’est très bien accepté à la fois par les parents et par les élèves ».