Par
Léa Mosco
Publié le
15 mai 2026 à 11h59
Le 6 mai 2026, alors que des policiers patrouillent dans les rues de Roubaix, ils aperçoivent un jeune garçon de 21 ans cachant rapidement un sachet contenant des stupéfiants. Lors de l’intervention, le contrôle bascule. Le sachet contient 2,4 grammes de cannabis, une consommation personnelle que le prévenu reconnaît sans peine. Mais c’est la suite de cette intervention qui a stupéfait le tribunal.
Un trajet sous une pluie d’injures
Dès que les fonctionnaires s’approchent, le jeune homme sort son téléphone pour filmer, criant à la « bavure ». Ce qui aurait pu rester un contrôle de routine se transforme en un long calvaire pour les trois policiers présents.
Durant tout le trajet vers le commissariat, puis une fois sur place, le Roubaisien multiplie les outrages les plus violents. Des faits captés par la caméra piéton des policiers, dont la vidéo a été diffusée au tribunal. « Bande de gros racistes, je vous baise, vous et toutes vos filles. Les Françaises je les baise, yeux bleus ou verts, ce sont toutes mes putes ». Un brigadier, fort de 20 ans d’expérience, a déclaré aux enquêteurs n’avoir « jamais été outragé de la sorte ».
Devant le président du tribunal, le prévenu tente de justifier l’injustifiable : « On m’a déshumanisé, alors j’ai agi comme ça. Pour que je les respecte, il faut qu’ils me respectent. »
« C’est la République que vous outragez »
L’avocat des parties civiles a estimé que les policiers n’avaient à aucun moment surréagi. Outre les insultes, l’un des policiers a rapporté que le prévenu se serait vanté d’avoir « payé des mecs du quartier » pour le retrouver et lui faire payer son interpellation.
Et le procureur de la République n’a pas masqué son indignation face à la stratégie de victimisation du prévenu.
« En vérité, ce n’est pas une question de respect mutuel, c’est une atteinte à l’autorité de la justice. Les autorités n’ont pas à gagner votre respect. En outrageant un policier, c’est la République que vous outragez. »
Le procureur de la République
Déjà condamné à plusieurs reprises, le jeune homme est en état de récidive légale pour les menaces. Le procureur a donc requis 8 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.
La défense plaide une « perte de contrôle totale »
Du côté de la défense, l’avocate du prévenu a tenté de nuancer la qualification de « menaces de mort ». Selon elle, si le comportement de son client est « indéfendable sur la forme », aucune menace de mort explicite n’apparaît clairement sur les vidéos, comme l’atteste l’intervention d’un interprète en langue arabe pour traduire certains propos. « C’est un jeune homme incapable de reprendre le dessus sur ses émotions, il a subi une perte de contrôle totale », a-t-elle plaidé, demandant une peine moins lourde que celle requise.
Le tribunal l’a finalement condamné à 6 mois d’emprisonnement.
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