Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) annonce qu’une nouvelle épidémie d’Ebola est en cours dans l’est de la République démocratique du Congo. Plus de 240 cas suspects sont déjà répertoriés et près de 65 décès ont été enregistrés, même si tous n’ont pas été confirmés. Sur les 20 échantillons envoyés pour analyse à Kinshasa, 13 ont été détectés positifs par les équipes de l’INRB, l’Institut nationale de recherches biomédicales.
Publié le : 15/05/2026 – 09:44Modifié le : 15/05/2026 – 13:32
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Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
L’annonce de ces cas positifs est venue d’Addis-Abeba cette nuit puisque c’est l’Africa CDC qui a communiqué en premier avant même les autorités congolaises. La zone touchée est une zone frontalière entre la RDC, le Soudan du Sud et l’Ouganda, zone où il y a déjà eu des épidémies d’Ebola, mais aussi de virus Marbourg.
Une situation sécuritaire délicate
Le tout premier bilan de cette nouvelle épidémie semble assez lourd. Selon les premiers éléments rendus publics, 246 cas suspects et 65 décès ont été rapportés, principalement dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara. Une zone donc à cheval sur les territoires de Djugu et d’Irumu. Sachant que Mongwalu est une zone minière au nord de Bunia alors que Rwampara est située juste à la sortie de la capitale provinciale, à quelques kilomètres de l’aéroport international.
Cette province de l’Ituri est en proie à différents conflits armés : conflit intercommunautaire en territoire de Djugu et présence du groupe djihadiste ADF en territoire d’Irumu. Une situation d’insécurité qui pourrait compliquer le déploiement de la réponse médicale.
Les premiers décès remonteraient au mois d’avril
Sur ces 246 cas suspects, 20 échantillons ont été acheminés pour analyse à l’INBR de Kinshasa et 13 sont positifs. À quelle souche de la maladie, on ne le sait pas avec certitude encore. On sait déjà que ce n’est pas la souche Zaïre qui avait provoqué l’année dernière une épidémie dans le Kasaï. Les premiers résultats indiquent plutôt la souche Bundibugyo pour laquelle il n’y a pas de vaccin disponible.
Pour cette nouvelle épidémie, les premiers décès remonteraient au mois d’avril avec une augmentation de la mortalité dans la zone de santé de Mongwalu en raison d’une fièvre hémorragique. Vague de décès qui s’est poursuivie durant ce mois de mai, selon un rapport des autorités provinciales de santé que RFI a pu consulter. Rapport rédigé le 13 mai dernier.
Pour l’instant, les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué sur cette situation. Le traditionnel Conseil des ministres doit avoir lieu ce vendredi après-midi. Et l’Africa CDC annonce de son côté la tenue d’une réunion d’urgence nationale avec les autorités sud-soudanaises et ougandaises. Un point presse doit avoir lieu en fin de journée à Addis-Abeba en Éthiopie.
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La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements et diarrhées. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, après une période d’incubation allant de deux à 21 jours.