Un adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir à Nantes dans une fusillade qui a fait deux autres blessés mineurs sur fond de narcotrafic. Auprès de BFMTV, un jeune habitant du quartier de Port-Boyer, au nord de la ville, raconte comment il a tenté de venir en aide à la victime.

Il est arrivé juste après le drame. Au micro de BFMTV, un jeune homme raconte comment il a tenté de secourir l’adolescent de 15 ans tué dans la fusillade qui a frappé le quartier de Port-Boyer, au nord de Nantes, faisant aussi deux blessés de 13 et 14 ans.

Cet habitant explique qu’il ne connaissait la victime que depuis quelques heures. Il dit l’avoir rencontrée pour la première fois « vers 17 heures », alors qu’il descendait de son bâtiment pour fumer une cigarette. Il affirme ensuite être remonté chez lui pour manger avant de ressortir un peu plus tard, peu après les coups de feu.

Ado tué dans une fusillade : le narcotrafic incontrôlable ? - 15/05Ado tué dans une fusillade : le narcotrafic incontrôlable ? – 15/05

« Dès que je sors des escaliers, je sens l’odeur de la poudre à canon. Je descends en furie, je vois la vitre de mon bâtiment explosée. Je tourne à gauche, j’entends du bruit et je vois le jeune avec qui je parlais tout à l’heure, couché à terre », raconte-t-il.

« Tu vas pas mourir comme ça »

« Je me précipite, je me mets à genoux. Je mets sa tête sur mes genoux, je lui dis: ‘mon frère, tu ne vas pas mourir aujourd’hui, tu vas pas mourir comme ça, tu vas vivre' », poursuit-il.

Mais l’adolescent succombe rapidement à ses blessures. « Il avait les yeux vitreux. Au bout d’un moment, ses yeux sont partis et j’ai compris que c’était fini. J’ai essayé de le porter mais il était trop lourd », explique le jeune homme, qui ajoute prévenir aussitôt les secours.

Autour de la victime, deux autres jeunes de 13 et 14 ans sont blessés par balles. « Son pote s’est pris une balle dans la cuisse. Je l’ai ramené chez moi, mon beau-père lui a fait un garrot », poursuit le témoin à notre micro.

« Je ne peux pas enlever cette image de ma tête »

Au lendemain des faits, cet habitant se dit toujours sous le choc. « Je ne peux pas enlever cette image de ma tête, il est mort dans mes mains (…) Maintenant on est comme des frères », confie-t-il.

Il ajoute ressentir « de la tristesse et de l’incompréhension ». Selon lui, l’adolescent tué par balles n’avait « rien à voir avec tout ça, il était avec ses potes c’est tout ».

Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, deux individus « cagoulés » sont arrivés jeudi vers 19h30 dans ce quartier du nord de Nantes et ont ouvert le feu « un peu à l’aveugle » sur un groupe de jeunes adolescents.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont « très probablement liés » au narcotrafic, le ministre a insisté sur le fait que rien n’indiquait que les adolescents visés par les tirs « et a fortiori » celui qui est décédé étaient liés au trafic.