« Comment avez-vous vécu cette ultime semaine d’entraînement ?
C’est plus facile de se préparer après cette victoire au Havre (1-0, dimanche). Maintenant, on est restés sérieux, focus sur l’idée de bien finir à domicile, sur un match à enjeux.
Vous maîtrisez bien les forces et faiblesses de cet adversaire de la 34e journée…
Je connais bien cette équipe, je connais bien les joueurs, mais c’est une équipe qui a beaucoup évolué sur les derniers mois. Elle est en grande forme. On ne travaille pas sur un passé éventuel et sur ce que j’ai pu vivre là-bas. Le levier actuel, c’est mon équipe. Il faudra faire un grand match, c’est une grande équipe actuellement en termes de résultat. C’est un match avec des enjeux européens. Il faudra de la constance, de la solidarité comme au Havre, être meilleurs dans le jeu aussi. Être moyens ne suffira pas.
À votre arrivée, notamment lors de votre conférence de présentation, vous évitiez soigneusement de citer le nom du Stade Rennais. Cela a changé ce vendredi. La fin de l’aventure là-bas, après un an sur le banc, était-elle une blessure trop vive ? Avez-vous des regrets sur ce passage en Bretagne ?
(Sourire) À partir du moment où on ne joue pas cette équipe-là, je ne prononce pas son nom. J’ai beaucoup de respect pour ce club (de Rennes). Ce n’est pas une blessure. Vous allez le prendre peut-être comme un discours cliché, mais je suis vraiment un privilégié. Il y a cinq ans, j’étais entraîneur d’une équipe de National (le Red Star). Aujourd’hui, je suis entraîneur de l’OM.
J’ai passé des étapes dans ma vie d’entraîneur, et le Stade Rennais en a été une. Je ne suis pas dans une logique de revanche, j’ai eu mon histoire au Stade Rennais, j’ai mon histoire à l’OM. Il faut que je puisse finir l’histoire de cette saison par une belle sortie, pour faire en sorte que les gens qui aiment l’OM puissent assister à un très beau match entre deux belles équipes avec un objectif élevé. J’ai la volonté de laisser Marseille en Coupe d’Europe. Il n’y a pas de revanche, de regrets.
Vous commencez la saison par un Rennes-OM, remporté avec le Stade Rennais, vous terminez sur un OM-Rennes à fort enjeu…
Je crois beaucoup au destin, à ces signes du destin. On a tous nos croyances. J’ai vécu mon premier match d’entraîneur de Rennes face à Strasbourg (en février 2025), l’équipe où j’ai commencé en pro… Là encore, il y a un signe. Espérons que ce signe soit positif dimanche soir, mais je ne doute pas que nous allons vivre une belle soirée de football. Je l’ai dit à mes joueurs : ce type de matches est un privilège. On a par exemple vécu un Olympico (3-2 pour l’OM, le 1er mars), où on aurait pu finir à huit points de Lyon. On a bataillé toute cette saison, il y a eu maintes péripéties, mais ce dernier match à enjeux doit être une source de plaisirs et de motivation.
Certains supporters semblent se désintéresser de cette fin de saison et d’une qualification européenne en C3 ou C4…
Lorsque vous êtes l’Olympique de Marseille, vous devez jouer la Coupe d’Europe. Ce ne sera pas la Ligue des champions, nous n’avons pas atteint nos objectifs, mais aujourd’hui, on ne peut pas galvauder une compétition comme la Ligue Europa. Ce ne serait pas sérieux d’en parler comme une compétition au rabais, il s’agit d’une compétition à valoriser, avec des équipes de très haut niveau ! On doit prendre ce challenge-là avec appétit. La déception, elle est inhérente à la saison, à tout ce que nous avons vécu. Mais la Ligue Europa est un enjeu très important.
Est-ce une façon de sauver la saison ?
Ce n’est pas une question de sauver la saison, ou de dire : »Ce n’est pas si mal ». Cette saison, à date, nous pouvons nous qualifier pour la Ligue Europa. Ensuite, nous pourrons revenir sur les déceptions de la saison, l’objectif prioritaire qui n’a pas été atteint. Je reviens à des souvenirs récents, je suis venu dans ce stade et j’ai vu un but d’Hiroki Sakai (en avril 2018, quarts de finale de C3 face à Leipzig, 5-2 au Vélodrome) en Ligue Europa, le stade s’est embrasé, la ville s’est passionnée pour cette compétition. J’ai aussi vu une finale (face à l’Atlético de Madrid, 0-3, le 16 mai 2018) par la suite.
Comment voyez-vous votre avenir à l’OM ?
Mon avenir n’a aucune importance, ma situation est secondaire aujourd’hui. Ce qui en a : les deux entraînements d’ici dimanche, et le match. Nous devons faire un très très grand match, donner du plaisir aux gens, et vous verrez que le stade sera au rendez-vous pour soutenir une équipe conquérante qui vise la Coupe d’Europe en finissant cinquième. Il y a une histoire de la Coupe d’Europe à Marseille, j’ai eu la chance, comme joueur, de disputer une finale de Coupe de l’UEFA (en 2004, face à Valence, 0-2). Vous allez voir que les joueurs seront concentrés sur cela. »