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Des vidéos montrant des hommes armés, accompagnées de menaces visant le collège Léo-Ferré de Saint-Lys, ont circulé sur TikTok depuis le début de la semaine. Derrière ce faux compte créé au nom du principal de l’établissement, les gendarmes tentent désormais de déterminer s’il s’agit d’une provocation d’un adolescent viré après une bagarre ou d’une mise en scène orchestrée par une autre personne.

Sur l’écran du téléphone, des silhouettes cagoulées brandissent des fusils d’assaut devant un décor désertique. Au-dessus des images, des phrases blanches s’affichent sur fond noir : « Vous allez regretter de m’avoir viré » ; « Préparez-vous dans la semaine » ; « On verra si votre collège finit pas en ruine ». Le nom du collège Léo-Ferré de Saint-Lys apparaît dans plusieurs publications, accompagné de hashtags géolocalisés et de références djihadistes explicites.

Depuis mardi soir, ces vidéos diffusées sur un faux compte TikTok créé au nom du principal de l’établissement sèment l’inquiétude dans cette commune située au sud de Toulouse. Les publications, rapidement relayées entre collégiens puis dans les groupes de parents d’élèves, reprennent les codes visuels de la propagande djihadiste : drapeaux islamistes, chants religieux, hommes armés et menaces adressées à un établissement scolaire clairement identifié.

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En quelques heures, la peur s’est propagée dans les couloirs du collège. Plusieurs parents assurent que leurs enfants sont rentrés « apeurés » après avoir vu les vidéos circuler sur leurs téléphones. « Certains ont même fait des crises de panique », affirme une mère d’élève. Selon elle, l’affaire trouverait son origine dans l’exclusion récente d’un élève de troisième après une violente altercation au sein de l’établissement.

D’après plusieurs témoignages concordants, une bagarre entre deux collégiens aurait éclaté mardi. « Mon enfant parle d’une bagarre entre deux élèves qui aurait conduit à l’exclusion de l’un d’eux », rapporte un parent qui ajoute que son fils aurait « vu une flaque de sang au sol en retournant se ranger après la sonnerie. » À ce stade toutefois, ces éléments n’ont pas été officiellement confirmés.

Une plainte a été déposée

Rien ne permet encore d’affirmer avec certitude que le collégien évoqué est bien à l’origine des publications. Les enquêteurs de la gendarmerie cherchent désormais à déterminer s’il s’agit réellement de cet élève ou d’une mise en scène orchestrée par une autre personne ayant utilisé son exclusion supposée pour alimenter la peur.

Mercredi midi, la direction du collège a adressé un message aux parents d’élèves. « Nous vous informons qu’un compte TikTok frauduleux a été créé au nom du principal du collège et que des messages menaçants visant l’établissement y ont été diffusés », écrivent les chefs d’établissement. « Une plainte a été déposée ce matin. Les services de police, la préfecture ainsi que les services du rectorat ont été immédiatement alertés », précisent-ils.

Dans ce courrier, la direction affirme que « toutes les mesures nécessaires » sont mises en œuvre afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels. Plusieurs parents dénoncent pourtant une communication jugée tardive et insuffisante. « Les parents et les enfants ne savaient même pas s’il était sécurisé de retourner en classe mercredi matin », estime une mère.

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Une enquête de gendarmerie est désormais en cours afin d’identifier précisément l’auteur du compte TikTok et de vérifier la crédibilité des menaces. Dans un contexte marqué par les attentats visant des établissements scolaires ces dernières années, ce type de publication est pris très au sérieux.