La ville de Marseille lance ce vendredi 15 mai la « saison Méditerranée 2026 », une manifestation culturelle portée par le gouvernement réunissant plus de 200 événements dans 60 villes du pays, mais aussi dans les cinq pays partenaires principaux.
La ville de Marseille a donné le coup d’envoi de la « saison Méditerranée 2026 », manifestation portée notamment par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, ce vendredi 15 mai.
Près de 200 événements et six mois de programmation structurent ce rendez-vous culturel qui vise à donner la parole aux créateurs des deux rives, dans un contexte régional « polarisé et fracturé ».
Après une ouverture à Marseille jusqu’au 24 mai, la manifestation qui mêle arts visuels, musique, spectacle vivant, cinéma, création numérique, débat d’idées, se déploiera dans plus de 60 villes de France et dans les cinq pays partenaires principaux, Liban, Égypte, Algérie, Tunisie et Maroc.
« Du 15 mai au 31 octobre 2026, la Saison Méditerranée célèbre les liens vivants entre les deux rives. Et tout commence à Marseille », a annoncé le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sur X.
Un projet annoncé en juin 2023
Pour la commissaire de la manifestation Julie Kretzschmar, le défi a été de faire « des liens entre des récits, parfois critiques, et des messages d’ordre diplomatique, politique », a-t-elle confié à l’AFP.
Emmanuel Macron a annoncé le projet en juin 2023, « et dans la foulée il y a eu le 7 octobre », l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël qui a déclenché une campagne militaire de représailles d’Israël ciblant la bande de Gaza.
« La nomination d’une commissaire en a été extrêmement ralentie, et je n’ai eu qu’un an et demi pour monter des centaines de projets » raconte Julie Kretzschmar.
À cela se sont encore ajoutés des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie « quasiment à l’arrêt », le marasme économique au Liban, des scènes culturelles égyptienne et tunisienne confrontées à « un contexte autoritaire ».
« Les conflits infusent, colorent cette saison », dans un contexte régional « polarisé et fracturé », ajoute la commissaire.
Une œuvre palestinienne crée à partir de débris
Les artistes présentés « sont justement ceux qui transforment et racontent la manière dont ça nous a affectés (…) », dit Julie Kretzschmar pour qui le projet a été l’occasion « d’être au travail, d’être ensemble, et de créer un immense patchwork de récits ».
Sharref Sarhan, artiste palestinien, présente à Marseille son « Gaza Lighthouse », une œuvre monumentale confectionnée à partir de débris d’anciennes guerres menées sur l’enclave. L’original, sur le rond-point du Port de Gaza, a été détruit en 2023, le nouveau est érigé au bord de la Méditerranée.
En plein air, sur l’emblématique Digue du Large qui ferme le port maritime de Marseille, le metteur en scène Sébastien Kheroufi présentera « Du sel dans les yeux », création conçue comme « une fresque politique, sociale et familiale » entre France et Algérie.