Il porte encore sur son corps les traces de sa violente agression, il y a presque deux semaines. Des pansements sur une vilaine plaie à la jambe et de multiples bleus sur son avant-bras gauche. « Je ne veux pas vivre dans la peur. Je veux que la police le retrouve et que justice passe », souffle Aldo, 102 ans. Cet ancien pilote de la Royal Air Force pendant la guerre, devenu diplomate pour le consulat britannique ensuite, a déjà été victime d’une agression similaire en juillet 2024. Le centenaire avait dû être hospitalisé. « Il avait dérobé ma Rolex. J’avais déposé plainte mais il n’y avait pas eu de suite. Je soupçonne le même homme », s’exclame-t-il.
«Je pourrai le reconnaître»
Samedi 2 mai, dans l’après-midi, en ouvrant la porte de son immeuble, son agresseur a jailli derrière lui et l’a poussé dans l’entrée de la cage d’escalier. Aldo, courageux, s’est débattu mais le malfrat a réussi à lui arracher sa montre de luxe. « Il m’a tiré le bras et m’a mis des coups de pied. Quand je suis tombé au sol, il a pris la fuite. » Le retraité a appelé les secours et prévenu la police. Il a une nouvelle fois déposé plainte. « Je pourrai le reconnaître, il a agi à visage découvert. Il m’a abordé de la même façon qu’il y a deux ans. »
Deux jours avant les faits, le même homme serait déjà venu à sa rencontre : « J’étais dans mon véhicule pour le faire démarrer. Il m’a naïvement demandé si je pouvais le diriger vers le tramway. Je lui ai dit de me laisser tranquille et il est parti sans insister. » Aldo portait sa belle montre. « Je l’avais achetée au Japon il y a 60 ans. » Lors de l’altercation, le bracelet métallique du bijou a cédé et les enquêteurs ont pu l’emporter pour des analyses.
« Il cible des personnes vulnérables »
Aldo tient aussi à alerter les habitants du secteur : « Il surveille le quartier et cible des personnes vulnérables. »
Après avoir eu mille et une vies au Japon, à Londres, en Égypte et ailleurs, il déplore que de telles agressions puissent se produire dans sa ville d’ancrage. « J’ai roulé ma bosse. Comme pilote, j’ai pris des risques, comme diplomate aussi, mais je n’ai jamais subi des agressions aussi frontales. Je suis habitué à côtoyer tous les peuples. Dans tous ces pays, je n’ai jamais eu de problème. » Si ce n’est un empoisonnement dont il a été victime au Nigeria dans les années 1970. « J’ai été rapatrié d’urgence, j’ai perdu 10 cm d’intestin », se souvient-il, presque nostalgique.
Ce passionné de tennis aux yeux pétillants ne compte pas se terrer chez lui : « Je ne suis pas inquiet. Je vais continuer à me promener comme tous les jours », la liberté chevillée au corps comme secret de longévité.