Pendant que les bombes pleuvent sur l’Ukraine et que celle-ci résiste tant bien que mal, l’absence de perspective d’un réel cessez-le-feu ne saurait occulter les événements politiques concernant cette guerre. Ainsi, l’annonce simultanée, ce vendredi 15 mai, de 34 pays membres du Conseil de l’Europe, complétés par l’Union européenne, le Costa Rica et l’Australie, de rejoindre le futur Tribunal pour le crime d’agression contre l’Ukraine, destiné à juger l’invasion russe, est une avancée. Elle est, avant tout, symbolique dès lors que nul ne peut dire si le prix à payer pour parvenir à la paix, demain, ne sera pas l’abandon des poursuites visant Vladimir Poutine et les dirigeants russes. Lesquels ne pourront, de toute façon, pas être poursuivis devant ce tribunal, qui reste à constituer, tant qu’ils seront en fonction. Une éventuelle comparution du maître du Kremlin et d’une vingtaine de hauts dirigeants politiques n’est donc pas pour demain.

Il n’empêche qu’à l’instar du mandat d’arrêt émis en 2023 par la Cour pénale internationale contre Vladimir Poutine pour le crime de guerre de « déportation illégale » d’enfants ukrainiens, cette création d’un tribunal spécial, sous l’égide du Conseil de l’Europe basé à Strasbourg, témoigne concrètement du mouvement de réprobation à l’encontre de l’action de la Russie. L’Ukraine n’est pas seule dans ce mouvement de résistance à l’envahisseur russe qui, s’il n’est pas vaincu en Ukraine, récidivera demain en visant d’autres pays européens. Vladimir Poutine tente de réécrire l’histoire. Il use, pour cela, de méthodes révisionnistes auxquelles les démocraties doivent s’opposer. Dans ces conditions, le désintérêt du président américain Donald Trump est de plus en plus visible. Il suffirait, en effet, que les USA reprennent une aide directe et massive à l’Ukraine pour que celle-ci renverse la table et reprenne l’ascendant sur des troupes russes qui marquent le pas. Malheureusement, le locataire de la Maison Blanche est aveuglé par une situation qui le dépasse. Or, c’est à la Russie, le pays agresseur, et non à l’Ukraine, la nation agressée, que profite la prolongation de la guerre.