Par

Léa Pippinato

Publié le

15 mai 2026 à 20h28

Le Festival International des Sports Extrêmes se déroule de mercredi à dimanche à Montpellier, avec des milliers de spectateurs venus assister aux compétitions de BMX, de skate, de roller ou de trottinette freestyle. Mais dans les allées du FISE, il n’y a pas que les figures, les rampes et les performances sportives qui attirent les regards.

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Autour des zones de compétition, les stands occupent aussi une place importante. On y trouve des vêtements, des casquettes, des chaussettes, des accessoires en tout genre, mais aussi des propositions plus originales, comme les strass dentaires. Parmi eux, Drakkern se distingue par une identité visuelle sombre, travaillée, et par une table installée à côté du stand principal, sur laquelle reposent plusieurs skates de la marque.

Pensées comme des prototypes

Ces planches, encore pensées comme des prototypes, prolongent l’univers graphique des t-shirts. Elles peuvent être vendues aux visiteurs qui le souhaitent, même si Cenzo Schieven, créateur de Drakkern, préfère rester transparent sur leur niveau de finition. « Quand les choses ne sont pas au niveau, on préfère le dire », confie-t-il. « Ça se fait quand même, mais ce ne sera jamais aussi bien qu’une planche d’une marque connue. »

Une marque montpelliéraine tournée vers ceux qui osent

Drakkern est une marque montpelliéraine, même si ses bureaux se trouvent au Grau-du-Roi, près de la mer, là où son créateur a grandi. Cenzo Schieven vit depuis plusieurs années à Montpellier et revendique une identité plus héraultaise que gardoise. La marque existe depuis deux ans, mais sa présence officielle au FISE marque une étape importante.

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Pour Cenzo Schieven, le festival représente l’un des rendez-vous les plus emblématiques des sports extrêmes. « C’est la première fois qu’on est au FISE. On voulait y être, parce que c’est le plus représentatif en France, peut-être même internationalement. »

« C’est la première fois qu’on est au FISE. On voulait y être, parce que c’est le plus représentatif en France, peut-être même internationalement »

Cenzo Schieven
Créateur de Drakkern

Avant cette première apparition sur les rives du Lez, Drakkern avait déjà travaillé avec plusieurs événements locaux. La marque a notamment participé au Dynamite MMA à Montpellier et au Jungle Strike à Nîmes. Ce lien avec les sports de combat n’a rien d’anodin, puisque le fondateur a pratiqué le taekwondo pendant quinze ans avant de passer au MMA. « On est vraiment dans ce côté sport de combat. Mais ce qu’on veut, c’est s’exporter sur tous les sports, et aussi vers les autres arts. »

Un projet qui dépasse le simple vêtement

Cette démarche se prolonge avec The Brave’s Social Club, un projet parallèle lié à Drakkern. À travers des interviews et des portraits courts, Cenzo Schieven veut donner une place à des personnalités parfois peu visibles, qu’elles soient issues du sport, de l’art ou de la création. L’idée consiste aussi à faire dialoguer ces profils avec des personnes déjà connues, afin de créer une forme de passerelle.

La dernière collection repose sur une idée forte : chaque t-shirt correspond à un archétype. Il y a le discret, le combattant, celui qui se consume dans son art, le sauveur ou encore le perfectionniste. Ces figures permettent à la marque de parler à différents profils, sans enfermer son public dans une catégorie. Son slogan résume cette philosophie : la marque s’adresse à « tous ceux qui osent faire le saut, qui se jettent dans leur passion, pas à cause du risque, mais grâce à lui. »

Les sports urbains sous les projecteurs

La présence de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, mercredi et jeudi sur le FISE, illustre aussi le poids pris par l’événement montpelliérain dans le paysage sportif français.

Venue participer à plusieurs temps forts de cette édition 2026, la ministre a notamment assisté à un dîner officiel avec les partenaires du festival, à l’ouverture de l’Urban Sports Summit consacré au développement des sports urbains, avant de déambuler sur le site des compétitions à l’occasion des épreuves de BMX freestyle de la Coupe du monde. Une visite qui confirme l’importance prise par les disciplines urbaines et les cultures qui gravitent autour d’elles.

Une identité graphique nourrie par l’art

L’univers visuel de Drakkern s’appuie sur de nombreuses références artistiques. Les graphismes puisent notamment dans les œuvres anciennes, avec un goût marqué pour les compositions dramatiques, les figures mythologiques et les références religieuses. Cenzo Schieven cite Gustave Doré et l’Archange Saint-Michel terrassant le dragon parmi ses inspirations. Le nom même de la marque s’inscrit dans cette symbolique : « Drac », en occitan, signifie dragon, tandis que « kern » évoque le sommet.

Cette sensibilité artistique vient de loin. Enfant, Cenzo Schieven dessinait déjà. Il raconte aussi avoir été marqué par ses premières visites au Musée Fabre, notamment devant L’Ange déchu. Cette mémoire personnelle nourrit aujourd’hui les vêtements, les planches de skate et l’ensemble de l’imaginaire de la marque.

Des pièces fabriquées au Portugal

La marque assume aussi un choix de fabrication plus coûteux. Les vêtements sont produits dans des usines au Portugal, là où travaillent aussi de grandes marques internationales. Certains t-shirts reçoivent plusieurs traitements, dont un spray pensé pour limiter la décoloration au soleil. Un détail qui compte pour une marque présente dans l’univers des sports de plein air. Les coupes sont aussi étudiées avec précision, notamment avec des formes assez courtes et carrées, afin de valoriser différentes morphologies.

Vêtements et accessoires

Drakkern propose aujourd’hui des sweats, des t-shirts, des shorts courts, des shorts longs, des shorts de compression et des t-shirts de compression. La marque développe aussi des accessoires et ne veut pas se limiter au textile. Les skates exposés au FISE vont dans ce sens, tout comme l’idée, déjà évoquée par le fondateur, de créer un jour des casques de moto.

Sur le FISE, les tarifs sont adaptés pour l’événement. Les sweats affichés autour de 110 à 120 euros sont proposés à 98 euros. Les t-shirts les plus travaillés, habituellement vendus 70 euros, descendent à 59 euros. D’autres modèles passent de 45 à 39 euros. Des prix plus élevés que la moyenne, que Cenzo Schieven justifie par les coûts de production.

Des sportifs, des DJs et des riders autour de la marque

Drakkern commence déjà à fédérer plusieurs profils. La marque compte dans son entourage des combattants, notamment au sein de Dynamite MMA, comme Édouard Bernadou, bien connu à Montpellier. Elle travaille aussi avec Moïse Santamaria, acteur de la série Un si grand soleil et champion d’Europe de jiu-jitsu brésilien. Sur le FISE, deux DJs liés à la marque portent aussi ses t-shirts, tandis que des pratiquants de BMX et de roller participent à cette dynamique. Cenzo Schieven cherche encore à développer des liens avec le parkour et le skate.

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