BEHROUZ MEHRI / AFP
Yann Moix, ici à Paris, le 17 avril 2026.
Défaite judiciaire pour Yann Moix. Le tribunal correctionnel de Paris a débouté ce vendredi 15 mai l’écrivain, qui poursuivait la société de production Hikari pour « abus de confiance » et « travail dissimulé », après la diffusion sur France Télévisions d’un reportage de Complément d’enquête dans lequel Gérard Depardieu sexualisait une enfant.
La star déchue du cinéma français, qui reprochait initialement au groupe le montage d’un reportage où il multipliait les propos dégradants envers les femmes, s’était désistée, le 17 avril, de ses poursuites.
De son côté, Yann Moix, présent aux côtés de Gérard Depardieu en Corée du Nord lors du tournage, avait maintenu sa plainte : l’écrivain soutenait que ce voyage s’inscrivait dans le cadre d’un projet d’œuvre de fiction et que certaines images utilisées par Hikari lui appartenaient.
Le tribunal a toutefois estimé dans son jugement, consulté par l’AFP, que Yann Moix faisait « preuve de mauvaise foi » et qu’il n’était « pas propriétaire des images tournées par Hikari ». La justice a également précisé qu’« il n’y avait pas de relation de travail entre lui et cette société ».
« C’est une façon polie de dire que Yann Moix a menti depuis le début », a réagi le producteur Anthony Dufour auprès de l’AFP. « Deux expertises judiciaires confirment que Gérard Depardieu sexualise une petite fille, ce qui est le cœur de l’histoire. Aujourd’hui, les mensonges périphériques se retrouvent démontés de la même manière », ajoute-t-il.
Tristan Waleckx, le journaliste qui incarne Complément d’enquête, a lui relayé sur son compte X la décision judiciaire en faveur de son émission. « Après les désistements de l’acteur le mois dernier, le tribunal déboute Yann Moix de toutes ses demandes, en soulignant dans son jugement qu’il a “fait preuve de mauvaise foi” », a-t-il écrit.
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Lire la Vidéo Yann Moix fait appel
Avant le désistement de Gérard Depardieu, son ancien avocat, Me Jérémie Assous, avait dénoncé un montage d’une « déloyauté absolue ». Il affirmait que les commentaires graveleux du comédien dans un haras nord-coréen, face à une fillette à cheval, concernaient en réalité une femme adulte non visible à l’écran et que ses propos s’inscrivaient dans un projet d’œuvre de fiction de Yann Moix.
Me Jérémie Assous, qui reste l’avocat de l’écrivain, a indiqué à l’AFP que Yann Moix faisait « appel de l’ensemble des dispositions civiles ». Cela permettra, selon lui, à la cour d’appel « de juger le dossier avec des éléments et précisions non portés à la connaissance du tribunal ».
Au total, l’écrivain réclamait plus de deux millions d’euros à la société Hikari et Anthony Dufour.
Par ailleurs, la société de production, son patron et France Télévisions ont eux aussi été déboutés de leur demande de dommages et intérêts. Le tribunal a estimé que Yann Moix n’avait pas agi avec l’intention de nuire.
Le reportage réalisé par Hikari et diffusé sur France Télévisions, intitulé « La Chute de l’ogre », avait suscité un écho considérable. Outre la séquence du haras et les nombreux propos sexistes de Gérard Depardieu, la comédienne Charlotte Arnould y réitérait ses accusations de viol datant de 2018, tandis que d’autres femmes y témoignaient d’agressions sexuelles.