Au Sénat ou dans l’arène du conseil municipal de Metz, le ton monte. Des finances de la future cité judiciaire de Nancy aux joutes verbales sur la transparence ou la place des femmes dans l’espace public, les élus locaux ne mâchent plus leurs mots.
Husson pique le gouvernement
Le sénateur meurthe-et-mosellan Jean-François Husson a profité d’une question au gouvernement, le 6 mai au Sénat, pour régler quelques comptes avec l’exécutif. En pleine discussion sur les finances des collectivités, l’élu LR a dénoncé les critiques adressées par le Premier ministre à la majorité sénatoriale sur le budget 2026. Mais c’est surtout un dossier nancéien qui a retenu l’attention : celui de la future cité judiciaire, à l’arrêt depuis six ans, sur l’ancienne friche Alstom.
En effet, l’État envisagerait désormais de demander aux collectivités locales de financer 20 % du projet. Une proposition qui, selon lui, aurait été faite « sournoisement » et jugée « pas entendable » par le sénateur, qui y voit, encore une fois, « une mauvaise manière » faite aux territoires.
JFDébattre du débat
« Trop souvent, les débats au sein des assemblées s’organisent comme des dialogues de sourds. Nous devrions rompre avec cette méthode, s’écouter davantage. » Depuis qu’il est revenu dans le champ politique, à Metz, Bertrand Mertz s’affiche comme une sorte de moine shaolin. C’était le cas durant la campagne, il poursuit sur sa lancée depuis qu’il siège au conseil municipal dans une des deux oppositions de gauche.
La preuve avec cette intervention prononcée en début de séance jeudi 7 mai. Une forme de sérénité dans les débats que souhaite aussi François Grosdidier. À l’issue d’une discussion constructive sur les enfants et leur place dans la société, Bertrand Mertz a émis un autre souhait sur la durée des interventions des uns et des autres qu’il juge trop longue : « Nous sommes trop bavards. » Sur ce point, le maire tique : « On a l’après-midi et la nuit si nécessaire. Il faut laisser le temps au débat. »
ASQui est le 21e adjoint ?
François Grosdidier a voulu confier la présidence de la commission des finances à Bertrand Mertz, un choix qui questionne Étienne Anstett, président du groupe Rassemblement national au conseil municipal de Metz. « Vous donnez cette présidence au quatrième de la dernière élection. »
Et d’apostropher Bertrand Mertz comme le « 21e adjoint ». Ce dernier ne s’est pas privé de lui répondre. « Peut-être y a-t-il une forme de jalousie de la part de M. Anstett. Je joue le rôle d’une opposition constructive. Je rappelle qu’à l’Assemblée nationale, ce rôle est tenu par un élu de LFI. C’est devenu une tradition. C’est la première fois que j’occuperai ce rôle, je vais le faire en apprenant, chemin faisant. »
AS« Je n’ai pas le goût du luxe »
Toujours au conseil municipal de Metz, un point sur les frais de représentation du maire et des adjoints a donné lieu à une petite passe d’armes. Charlotte Leduc (LFI) demande qu’ils soient rendus publics en temps et en heure. Jérémy Roques convoque le passé quand il siégeait au sein du groupe Unis lors de la précédente mandature. « Nous avons fait la demande, nous ne les avons jamais obtenus. Tout est transparent ? Non », estime l’écologiste.
Je ne passe pas mon temps à regarder les frais. Quand la presse a demandé, je les ai fait rechercher, c’est là que je me suis rendu compte qu’ils étaient 30 % inférieurs à ceux de mon prédécesseur. Je n’ai aucun goût du luxe, je suis dans une sobriété personnelle. Votre très grande curiosité risque d’être déçue. On donne quand on le demande, c’est une forme de voyeurisme ridicule », tranche François Grosdidier.
ASFrançois Grosdidier sort l’Alsace du conseil
Alors que les élus du Rassemblement national souhaitaient déposer une motion sur la sortie de l’Alsace du Grand Est, François Grosdidier les a renvoyés dans leur 22. « Le conseil municipal délibère sur les affaires de la commune. J’ai toujours refusé les débats sur les textes de loi. On n’est pas au Parlement. »
Quant au sujet en lui-même, le maire a son avis sur la question. « Je siège à la Région et je regrette qu’elle se transforme en Assemblée nationale. À chaque début de séance, on débat de tout sauf des sujets régionaux. Il me semble que le président Weiten a parlé des compétences du Département… Mais je n’ai pas compris s’il voulait sortir avec l’Alsace ou avoir les mêmes prérogatives que la Collectivité européenne d’Alsace. »
ASAlice Milliat arrive à Metz
Le futur pôle gymnique portera le nom d’Alice Milliat, pas Messine, mais nageuse nantaise pionnière dans le sport féminin. « Une première pour la Ville de Metz sur un bâtiment sportif. Combien de fois avons-nous signifié, au sein du groupe Unis que la féminisation des noms de lieux n’est pas que symbolique ? Nous devons étendre cette démarche à tous les équipements sportifs, à tout l’espace public », estime Jérémy Roques.
« Les noms des rues, des bâtiments sont dans une écrasante majorité masculins. Un seul bâtiment ne suffira pas à combler le manque. Nous vous invitons à faire systématiquement le choix d’un nom de femme », enchaîne Barbara Bernardi. « Je ne passerai jamais d’un extrême à l’autre. Je ne vais pas interdire aux hommes toute place dans l’espace public », leur répond François Grosdidier.
AS