Serap Doğansoy
15 Mai 2026•Mise à jour: 15 Mai 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les États-Unis ont annulé le déploiement prévu de 4 000 militaires en Pologne, a confirmé ce vendredi un haut responsable de l’armée américaine, dans un contexte de réorganisation de la présence militaire américaine en Europe.
Lors d’une audition parlementaire à Washington, le général Christopher LaNeve, chef d’état-major par intérim de l’armée de terre américaine, a indiqué que le commandement militaire américain en Europe avait reçu des instructions visant à réduire les effectifs déployés sur le continent.
Selon lui, il a été jugé “logique” que la 2e brigade blindée de combat, dont l’envoi en Pologne était envisagé, ne soit finalement pas déployée.
Cette décision intervient après l’annonce, début mai, du retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne. Le Pentagone avait précisé que cette réduction devait être menée dans un délai de “six à douze mois”.
Le président américain Donald Trump a ensuite affirmé que la baisse des effectifs militaires américains en Europe irait “bien au-delà de 5 000 hommes”, sans détailler l’ampleur du dispositif concerné.
Ces annonces surviennent alors que des tensions persistent entre Washington et plusieurs alliés européens au sujet de l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, notamment autour des enjeux sécuritaires liés au détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
Donald Trump reproche régulièrement aux pays européens de ne pas assumer une part suffisante de leur propre défense et plaide pour une réduction de la dépendance militaire de l’Europe envers les États-Unis.
Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, avait alors estimé que cette annulation pourrait être liée au redéploiement des troupes quittant l’Allemagne vers d’autres positions en Europe, notamment en Pologne, assurant qu’il n’y avait “pas de changement dans les garanties de sécurité”.
Un responsable de OTAN a indiqué à la presse française que les États-Unis procédaient actuellement à un “ajustement de leur posture en Europe”.
À Washington, plusieurs élus américains ont critiqué cette décision. Le député républicain Don Bacon a évoqué une “source d’embarras” pour les États-Unis, affirmant que Varsovie n’avait pas été prévenue, tandis que l’élue démocrate Marilyn Strickland a estimé que cette mesure risquait d’alimenter les doutes sur la fiabilité de l’engagement américain auprès de ses alliés.